Des résidus de 36 types de pesticides différents ont été décelés sur une centaine d'échantillons de poussins de mésanges morts, ressort-il d'un rapport de recherche publié jeudi par deux organisations flamandes (Vogelbescherming Vlaanderen et Vereniging voor Ebologish Leven en Tuinieren - Velt). Celles-ci avaient entrepris d'examiner de plus près ces oisillons à la suite d'une hausse de leur mortalité.

L'année dernière, les deux associations avaient en effet reçu de nombreux signalements de citoyens inquiets au sujet de la multiplication des cas de mortalité chez les oisillons et les mésanges bleues. "A cette époque, la pyrale du buis (un papillon parasite qui ravage haies et bordures, NdlR) causait pas mal de dommages dans les jardins, ce qui entraîna une utilisation accrue de pesticides. Les citoyens se sont alors demandés si un lien pouvait être établi entre les deux", explique le rapport. 

Afin de se pencher plus en avant sur la hausse de mortalité dans cette population, un appel a été lancé aux citoyens pour qu'ils signalent, via le site web www.sosmezen.be, les oisillons morts et les mésanges bleues qu'ils découvrent, souvent dans des nichoirs. Et le grand public a répondu en masse. Entre fin mars et mi-juin, un total de 4 516 poussins de mésanges morts a été signalé en Flandre et à Bruxelles.

Conclusion du rapport publié conjointement par les deux associations: "Il est frappant de constater que nous avons découvert dans 89 des 95 échantillons examinés des traces de DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane), qui est interdit d'usage depuis 1974 en Belgique", a indiqué un expert en pesticides chez Velt, Geert Gommers. "Au total, des traces de 36 types de pesticides différents ont été découvertes. Seuls quatre des 95 échantillons sont exempts de contamination. Ce résultat est inquiétant. D'autant plus que les mésanges avaient tout au plus deux semaines et n'étaient jamais sorties de leur nichoir. Nous avons trouvé des fongicides (contre les champignons), des herbicides (contre les mauvaises herbes), des insecticides (contre les insectes) et des biocides", a-t-il détaillé.

Selon le rapport, la présence de DDT au sein de la population de mésanges mortes est liée à la pollution à des niveaux historiques de l'environnement. "Même si les taux sont bas, l'impact du DDT n'est certainement pas à minimiser, même pour la santé humaine", souligne l'expert. On ignore toutefois à ce stade si les concentrations retrouvées sont suffisamment fortes pour expliquer la mortalité élevée chez les mésanges. 

Des recherches supplémentaires sont par ailleurs nécessaires pour déterminer si la lutte contre la pyrale du buis a une influence sur la mortalité des mésanges. "Nous avons trouvé dans le corps des mésanges mortes des substances qui sont utilisées pour combattre la pyrale du buis. Des pesticides pour lesquels le risque pour les oiseaux est jugé 'élevé' ont également été retrouvés", a signalé Inge Buntix, biologiste à la Vogelbescherming Vlaanderen.