Le gouverneur de Flandre occidentale a introduit une interdiction de pompage en différents endroits de la province à partir du jeudi 21 mai. 

Carl Decaluwé a pris cette décision après avoir consulté la Commission flamande sur la sécheresse. Il sera interdit de pomper de l'eau de six cours d'eau écologiquement sensibles et dans le bassin de Blankaert.

Il est exceptionnel qu'une interdiction de capter de l'eau soit introduite aussi tôt dans l'année. L'année dernière, cela ne s'est produit qu'au début du mois de juillet.

"Pour la quatrième année consécutive, la Flandre est confrontée à une grave sécheresse. Nous nous dirigeons vers une pénurie d'eau", a réagi Matteo De Vos, expert en agriculture écologique chez Greenpeace Belgique, cité dans un communiqué de l'ONG. "Cette pénurie d'eau fera-t-elle enfin comprendre à nos politiciens que nous ne prenons pas au sérieux le réchauffement climatique, principale cause de l'augmentation de la chaleur et de la sécheresse? Nous l'espérons."

"Alors que nos agriculteurs sont loin de se remettre de la crise du Covid-19, le choc suivant est déjà là. Heureusement, les agriculteurs ne sont pas seulement une des victimes du changement climatique: ils peuvent aussi faire partie de la solution", estime encore Matteo De Vos.

Greenpeace rappelle en effet que l'agriculture agro-écologique dispose d'un large arsenal de solutions pour protéger les sols. "Planter des arbres dans les champs et les prairies (agroforesterie), par exemple, permet à long terme de mieux protéger les cultures et le bétail contre la sécheresse et la chaleur. La plantation de haies protège les champs contre l'érosion causée par les vents forts. D'autres techniques bien connues mais sous-utilisées sont: une plus grande diversité des cultures, le semis direct (càd la culture sans-labour) et la culture en jachère", énumère l'organisation de protection de l'environnement.

"Espérer la pluie ne suffit pas. S'appuyer sur la nouvelle assurance (privée) contre les intempéries qui remplace le fonds de catastrophe agricole n'est pas non plus une bonne solution", met en garde Matteo De Vos. "Tout le monde (...) doit aider les agriculteurs à rendre notre système alimentaire plus résistant et plus durable. Il faut changer les choses, car le statu-quo nous mène à des températures plus élevées et à des périodes de sécheresse plus longues", conclut-il.