"Ceux qui se préoccupent de l'environnement mais qui souhaitent malgré tout manger de la viande devraient consommer de la viande cultivée produite avec de l'énergie verte", selon le consultant en viande cultivée pour Gaia, Hermes Sanctorum. L'étude s'est penchée sur l'impact environnemental d'un kilo de ce type de viande - réalisée à partir de cellules souches animales - dans un scénario de production commerciale. Il en ressort clairement, selon les chercheurs, qu'elle constitue avant tout une solution à la souffrance animale, mais aussi qu'elle est bonne pour l'environnement. Elle a été réalisée en collaboration avec des entreprises de viande cultivée, sur la base de données détaillées remises par ces dernières.

Lorsque les producteurs de viande cultivée choisissent de produire en utilisant de l'énergie verte, la viande cultivée obtient de meilleurs résultats que tout autre type de viande conventionnelle, d'après les résultats de l'étude. Concrètement, la viande cultivée a un impact environnemental inférieur de 93% à la production de viande de bœuf conventionnelle, de 53% à celle de porc et de 29% à celle de poulet.

GAIA se dit toutefois partisane d'une alimentation végane. Les produits végétaux obtiennent en effet toujours le meilleur score environnemental, selon l'organisation. Toutefois, selon Hermes Sanctorum, il serait illusoire de croire que tout le monde adoptera un régime entièrement végétal. "La consommation de viande continue d'augmenter dans le monde entier. Si nous nous soucions vraiment des animaux, nous devons produire la viande autrement. Le simple fait de préconiser le véganisme ne suffira pas", d'après l'expert.

Autre constat: la viande cultivée obtient également de très bons scores en matière d'exploitation des terres. "La viande cultivée, qu'elle provienne de sources d'énergies conventionnelles ou renouvelables, obtient un score presque trois fois plus élevé que la viande de poulet. La viande cultivée produite à partir d'énergies renouvelables obtient même de meilleurs résultats que le tofu en matière d'utilisation des terres", souligne M. Sanctorum.

Mais la viande cultivée n'arrivera pas tout de suite dans les rayons de nos supermarchés. "Nous espérons que d'ici 2025, elle pourra être produite à grande échelle", indique l'expert de Gaia.

"D'ici 2030, grâce au passage à la viande cultivée, nous constaterons une énorme réduction des émissions de CO2 et de l'utilisation des terres. L'investissement dans la recherche et le développement et dans les infrastructures sera crucial pour accélérer le développement de la viande cultivée et nous aider à atteindre les objectifs climatiques mondiaux", conclut le chercheur du GFI, Elliot Swartz.