Le secrétaire général de l’Onu, Antonio Guterres, a appelé le monde à "déclarer l’état d’urgence climatique", et à redoubler d’efforts pour lutter contre le réchauffement climatique, samedi, lors d’un sommet en visioconférence organisé pour marquer la date anniversaire des cinq ans de l’accord de Paris.

Mais les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre pris il y a cinq ans par les différents pays pour limiter l’ampleur du réchauffement climatique "n’étaient pas suffisants" et "n’ont pas été respectés", a souligné M. Guterres, avant d’appeler à "réduire les émissions mondiales de 45 % d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2010".

Organisée par les Nations unies, le Royaume-Uni et la France, en partenariat avec le Chili et l’Italie, cette réunion virtuelle qualifiée de "sommet de l’ambition" avait pour objectif d’amener les 195 pays signataires de l’accord à accélérer la cadence à moins d’un an de la Cop 26 qui se tiendra en novembre 2021 à Glasgow. Une septantaine de chefs d’État et de gouvernement, ainsi que des représentants d’entreprises et de la société civile, y ont pris part.

Avant le sommet, plusieurs États avaient annoncé des plans pour réduire leurs émissions. Vendredi, les 27 pays de l’UE se sont mis d’accord pour réduire leurs émissions d’au moins 55 % d’ici à 2030 par rapport au niveau de 1990, afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Le Royaume-Uni, qui a annoncé il y a une semaine qu’il se fixait pour objectif de réduire les émissions de CO2 d’au moins 68 % d’ici 2030, a fait savoir qu’il compte arrêter "dès que possible" de soutenir financièrement des projets d’énergies fossiles à l’étranger.

Le Pakistan renonce aux nouvelles centrales au charbon

La Chine avait créé la surprise en septembre en affichant son intention d’atteindre la neutralité carbone d’ici à 2060. Le président chinois, Xi Jinping, a fait un geste supplémentaire samedi en promettant que son pays réduirait son intensité carbone (les émissions de CO2 rapportées au PIB) de "p lus de 65 %" d’ici à 2030 par rapport au niveau de 2005. Pékin s’est également engagé à porter la part des combustibles non fossiles dans la consommation d’énergie primaire à environ 25 % d’ici à la fin de la décennie. Le Pakistan, pour sa part, a annoncé qu’il ne construirait plus de nouvelles centrales au charbon alors que 49 projets étaient dans ses cartons.

En l’absence des États-Unis, qui se sont retirés de l’accord de Paris, le président élu Joe Biden s’est néanmoins exprimé par voie de communiqué. Il a souligné que son pays rejoindrait l’accord dès "le premier jour de (sa) présidence", et a réaffirmé sa volonté d’organiser un sommet international sur le climat dans les 100 jours qui suivront.

Pour l’ONG Oxfam comme pour la plupart des observateurs, ce sommet " a manqué de réelle ambition " et les dirigeants doivent se mobiliser en urgence au cours d’une année 2021 qui s’annonce cruciale pour la bataille climatique.