Les 28 pays membres sont apparus encore divisés sur leurs ambitions climatiques à moyen et long terme vendredi lors d'un débat entre ministres de l'Environnement, alors que l'UE tente de convaincre les derniers récalcitrants de s'engager sur l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050.

La réunion a permis, au terme d'intenses discussions, de s'accorder sur le message de l'Union européenne lors de la prochaine conférence internationale sur le climat (COP) organisée début décembre à Santiago du Chili. Mais pas d'annoncer qu'elle "renforcera" sa contribution à la réduction d'émissions de gaz à effet de serre à l'occasion d'un point d'étape prévu l'an prochain comme le défendait la présidence finlandaise.

Celle-ci était soutenue par plusieurs Etats membres (dont la France, l'Allemagne, l'Espagne, l'Italie, les Pays-Bas, le Luxembourg ou encore le Royaume-Uni).

A défaut, l'UE "actualisera" sa contribution comme promis lors de l'accord de Paris.

Cette formulation a été dénoncée par l'association Climate Action Network: "l'UE remet les choses à plus tard et retarde une décision sur le relèvement des objectifs 2030 une nouvelle fois", a déploré l'ONG dans un communiqué.

L'UE s'est engagée à Paris à réduire ses émissions de CO2 de 40% d'ici 2030 par rapport à 1990. Elle doit par ailleurs faire le point sur ses objectifs l'année prochaine devant un comité de l'Onu.

La Commission européenne argumente que les réglementations adoptées ces cinq dernières années, notamment en matière d'énergie renouvelable et d'efficacité énergétique, doivent permettre d'aller au-delà de 40%. La France et la Suède se sont prononcées en faveur de -55%, dans le sens du Parlement européen.

La réunion à Luxembourg s'était ouverte sur une note positive: l'Estonie avait adopté la veille l'objectif de neutralité carbone pour 2050. "Nous n'avons pas tous les mêmes points de départ, nos sociétés ne sont pas sensibilisées de la même façon", a souligné vendredi le ministre de l'Environnement estonien René Kokk lors d'un débat public.

Ils sont désormais trois à ne pas adhérer à cet objectif de long terme, qui requiert l'unanimité pour être adopté par l'UE: la Pologne, la Hongrie et la République tchèque. L'UE souhaite pouvoir arriver à un consensus sur le sujet avant la fin de l'année. La décision sera prise par les chefs d'Etat et de gouvernement.