Alors que les emballages plastiques, comme les pots de yaourts ou les bouteilles d'eau, comptent pour plus de 60% des déchets plastiques dans l'UE, "c'est le type d'emballages dont le taux de recyclage est le plus faible, à peine plus de 40%", note la Cour dans son rapport.

Or, la Commission européenne avait relevé en 2018 ses objectifs de recyclage, ambitionnant d'atteindre un taux de 50% d'ici 2025, puis 55% en 2030.

"Pour atteindre ces objectifs, l'UE doit absolument inverser la situation actuelle, où nous incinérons davantage que nous recyclons. C'est un défi colossal", observe Samo Jereb, membre de la Cour des comptes. "En ravivant l'usage d'articles à usage unique en raison de préoccupations sanitaires, la pandémie du Covid montre que les plastiques demeurent un pilier économique et une menace environnementale croissante", insiste-t-il.

Selon de nouvelles méthodes de calcul basées sur des critères plus rigoureux, le taux actuel de recyclage européen pourrait être de "30% à peine", souligne la Cour.

Une révision prévue des règles régissant la production d'emballages pourrait améliorer leur recyclabilité, tout comme l'harmonisation de mécanismes incitatifs pour les fabricants.

Pour autant, les Etats restent "extrêmement dépendants des pays non-européens pour recycler leurs déchets", l'envoi de cargaisons hors d'Europe, notamment vers l'Asie, représentant presque "un tiers" du taux de recyclage d'emballages plastiques dans l'UE.

Le marché mondial du recyclage a été plongé dans le chaos après la décision de la Chine de fermer ses portes à la majorité des types de déchets plastiques en 2018. Un afflux de déchets, souvent illégal, a alors été redirigé vers l'Asie du sud-est, où les capacités de recyclage sont pourtant largement insuffisantes.

Dans ce contexte, les pays de l'UE se sont entendus pour que, à partir de janvier 2021, les déchets plastiques jugés difficilement recyclables puissent être préalablement refusés par les pays destinataires alors que les capacités de traitement du continent font défaut, et donc encouragent l'exportation "illégale" de déchets, avertit la Cour des comptes.