La Belgique est "le cancre de la classe climatique européenne", dénonce mardi Inter-Environnement Wallonie. La fédération réagit au nouveau rapport du collectif Climate Action Network Europe, qui porte sur l'ensemble des stratégies prévues d'ici 2030 par les états membres de l'Union européenne pour respecter l'accord de Paris. Avec son objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 35% en 2030, la Belgique n'est pas sur une trajectoire de décarbonation de son économie à l'horizon 2050. Cet objectif est pourtant nécessaire pour limiter l'augmentation de la température à +1,5°C, affirme Inter-Environnement Wallonie. "En Belgique, le manque de coordination et d'intégration entre les régions et le fédéral demeure un problème. Mais il ne justifie pas tout. Le rapport rappelle notamment le manque de volonté d'avancer sur le BA-BA en la matière comme la fin du régime des voitures de société ou la mise en œuvre d'une fiscalité environnementale", souligne Arnaud Collignon, chargé de mission Énergie au sein de la fédération.

Le rapport du collectif Climate Action Network indique également que l'objectif de couvrir 17,5% de la consommation énergétique avec des énergies renouvelables est bien en deçà de la recommandation faite par la Commission qui préconisait un objectif aux alentours de 25%. "Non seulement l'objectif est très faible mais surtout, la Belgique compte faire massivement appel aux agrocarburants en 2030 alors qu'on sait que leur impact sur l'environnement ou sur la sécurité alimentaire est catastrophique", réagit M. Collignon.

Mais c'est surtout en matière d'efficacité énergétique que la Belgique semble décevoir. "Elle est le seul pays de l'Union européenne à avoir tout simplement diminué son objectif d'efficacité énergétique entre le projet de plan climat déposé en 2018 et le plan final rendu fin 2019. Et ce alors qu'il était déjà considéré comme bien trop faible par les autorités européennes. Dans certains secteurs comme l'industrie, notre pays prévoit carrément une augmentation de la consommation d'énergie en 2025" s'étonne M. Collignon. Ce dernier estime que la période de reconstruction à la suite de la pandémie mondiale pourrait être l'occasion de mettre l'environnement et le changement climatique au cœur des stratégies économiques belges à l'avenir.