Les trois quarts des 250 plus grandes sociétés mondiales (par le chiffre d'affaires) ont un objectif de réduction d'émissions de CO2, relève KPMG, qui depuis 1993 publie une enquête sur le reporting en matière de développement durable. Pour l'édition 2020, il a étudié 5.200 entreprises (les 100 plus grandes de 52 pays, dont la Belgique).

Selon elle, 80% publient désormais des informations en matière de développement durable (96% des 250 plus grandes) - contre 12% il y a près de 30 ans.

Le Japon arrive en tête: 100% des 100 plus grandes entreprises publient des informations en matière de développement. La Belgique est en dessous de la moyenne avec 72% des 100 plus grandes entreprises qui le font, un pourcentage néanmoins en hausse par rapport à 2017 (62%).

Par ailleurs, sur les 5.200 entreprises passées en revue, 43% reconnaissent l'existence de risques financiers liés au changement climatique (56% au sein du top 250), et les deux tiers ont des objectifs de réduction d'émissions.

Taïwan arrive en tête, avec 92% de ses 100 principales entreprises intégrant le risque climatique, la France est 2e à 87%. Elles sont 69% au Royaume-Uni, 68% aux Pays-Bas, 67% en Afrique du Sud ou 64% au Japon.

Plus précisément, "cela signifie que les entreprises communiquent" sur le sujet, explique à l'AFP Anne Garans, associée et responsable du département Développement durable de KPMG France. "Avec des différences: certaines détaillent les risques, parfois une trajectoire carbone, d'autres vont moins loin. Il n'empêche que la dynamique est là." Selon elle, "la pression est multiple, notamment des investisseurs et des consommateurs".

Pour Adrian King, co-auteur du rapport, "de nombreux pays ont connu ces dernières années une évolution spectaculaire, liée aux nouvelles réglementations mais aussi au fait que la finance comprend mieux l'impact des questions environnementales, sociales et de gouvernance sur la performance financière et la valeur de l'entreprise". Et "les retardataires bientôt resteront au bord du chemin", prévient-il.

Mais les sociétés peinent encore à s'intéresser au risque que représente pour les affaires la perte de biodiversité: moins du quart des entreprises dans les secteurs "à risque" en font état. Seul le secteur minier échappe à ce constat.

Les latino-américaines sont les plus sensibilisées, les nord-américaines les plus à la traîne, note le rapport.

"La vitesse à laquelle le monde est en train de perdre sa biodiversité est pour le moins alarmante. Tout business convaincu qu'il restera à l'abri est dans le déni", relève Adrian King, invitant les dirigeants à "s'en saisir": "comprenez en quoi votre compagnie y contribue et quels risques elle court. Très bientôt vos investisseurs, vos bailleurs de fonds, vos assureurs, vos clients vous le demanderont".