La COP25, qui s'est terminée dimanche à Madrid, devait être "celle de la finalisation des règles de mise en œuvre de l'accord de Paris et du relèvement du niveau de l'ambition" mais elle a finalement été "la COP de la déception", a réagi le climatologue de l'UCLouvain, Jean-Pascal van Ypersele. "Le résultat final est faible, très faible. Il n'est pas à la mesure de ce qui est nécessaire. À part l'Union européenne (qui doit encore concrétiser), aucun grand émetteur de gaz à effet de serre n'a annoncé de plan sérieux pour arriver aux émissions nettes nulles en 2050 dont le Giec a montré la nécessité pour ne pas dépasser 1,5°C de réchauffement", constate le scientifique belge, ancien vice-président du Giec.

Maigre consolation, la COP25 a au moins évité d'adopter dans la hâte de mauvaises règles concernant les marchés du carbone, qui n'auraient, par exemple, pas comporté de clauses de protection des droits humains. "C'est mieux ainsi", juge celui qui était également conseiller scientifique de la délégation belge à la COP25.

Pour M. van Ypersele, les "premiers déçus" du résultat de la COP25 sont "sans doute les nombreux jeunes qui y ont participé pour la première fois, inspirés par Greta Thunberg qui avait traversé deux fois l'Atlantique pour y parler", mais aussi les nombreux manifestants qui ont appelé les États à davantage d'action et d'ambition.

"Les quelques progrès enregistrés (programme d'action sur le genre, meilleure prise en compte des enjeux liés à l'océan et aux terres...) sont périphériques par rapport à l'enjeu central de la Convention climat: réduire les émissions, et vite, pour garder notre planète habitable pour toutes et tous", conclut le climatologue.