Entre août 2018 et juillet 2019, la déforestation en Amazonie brésilienne a touché une superficie de 9 762 km2. Du jamais-vu depuis 2008 et une augmentation de 29,5 % sur un an, selon les dernières données officielles rendues publiques lundi. D’août 2007 à juillet 2008, la déforestation avait atteint 12 911 km2, avant de diminuer au cours des années suivantes.

Cette période de référence prise en compte par l’Institut national de recherches spatiales (INPE) englobe les sept premiers mois de mandat du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, un climatosceptique favorable à l’ouverture de la forêt vierge aux activités minières ou agricoles.

Greenpeace a dénoncé lundi la réduction de moyens destinés à la lutte contre la déforestation depuis l’arrivée au pouvoir de Bolsonaro. "Son gouvernement est en train de jeter à la poubelle tout ce qui a été fait ces dernières années en matière de protection de l’environnement", a déploré Cristiane Mazzetti, l’une des responsables de l’ONG au Brésil.

"Près de 20 % de l’Amazonie a déjà été dévastée et nous nous rapprochons du point de non-retour, quand elle se transformera en savane", a pour sa part averti Mauricio Voivodic, directeur de l’antenne brésilienne du WWF.

La déforestation entraîne aussi une recrudescence des foyers d’incendie, un grand nombre d’agriculteurs pratiquant le brûlis sur les zones déboisées pour pouvoir les cultiver. Selon les données satellitaires de l’INPE, il y a eu pratiquement autant d’incendies en Amazonie entre janvier et septembre (66 750) que sur l’ensemble de l’année 2018 (68 345).