Alors que le Forum de Davos démarre mardi prochain avec un certain Donald Trump en guest star, c’est un avertissement sans frais qu’adresse le World Economic Forum (WEF).

En amont de ce raout annuel qui rassemble le gratin économique et politique planétaire, le WEF vient en effet de rendre public son 15e rapport sur les principaux risques mondiaux au cours de la prochaine décennie.

Rédigé à partir des consultations menées auprès de 750 experts et chefs d'entreprises internationaux, ce document pointe de manière alarmante les conséquences globales de la dégradation de la biosphère et du climat. Pour la première fois depuis sa création, les cinq principaux risques mondiaux mis en avant par ce panel sont en effet tous environnementaux.

Climat et biodiversité, les branches qui supportent l’humanité

Le rapport tire ainsi la sonnette d'alarme sur la multiplication des événements météorologiques extrêmes et leurs impacts sur les infrastructures et les populations, qu’illustrent notamment les incendies qui ravagent l’Australie depuis des mois. Il souligne l’échec patent des politiques d’adaptation et d’atténuation aux dérèglements climatiques mis en oeuvre par les gouvernements et les entreprises.

Les personnes qui ont contribué à cette enquête dénoncent également les dommages et les désastres économiques directement causés par l’homme. L’effondrement des écosystèmes et de la biodiversité, tant sur terre qu’en mer, sont mis en évidence ainsi que les dangers que fait courir à l’humanité cet appauvrissement des ressources et des services que nous fournit gratuitement la nature. Un tableau que vient encore noircir la perspective de nouvelles catastrophes naturelles (séismes, tsunamis, tempêtes géomagnétiques...).

Le WEF met par ailleurs l’accent sur les répercussions de la progression des inégalités, notamment l’inégalité d’accès des populations à l’Internet et aux potentialités offertes par les technologies numériques. Au passage, il souligne le défi que constitue la cybersécurité et les risques posés par l’absence d’une gouvernance technologique globale.

Partout dans le monde, les systèmes de santé nationaux sont également soumis à de nouvelles pressions qui les rendent vulnérables et pourraient les rendre inopérants : augmentation et vieillissement des populations qui entraînent une explosion des coûts pour soigner des pathologies chroniques, croissance des maladies cardiovasculaires et des maladies mentales, défiance par rapport à la vaccination, résurgence de maladies que l’on croyait vaincues et apparition de nouvelles affections...

Appel à l’action collective

Répondre de manière appropriée à ces risques communs exige une action collective, tant des dirigeants d’entreprises que des gouvernements, insiste le rapport du WEF. Malheureusement, les perspectives en court terme ne semblent pas prendre cette orientation, avertit-il. Les experts interrogés s’attendent en effet à ce que la polarisation économique et politique observée ces dernières années se poursuive en 2020, générant des « turbulences géopolitiques qui nous poussent vers un monde instable » caractérisé par des actions unilatérales des grandes puissances.

La communauté internationale a encore la possibilité de répondre à ces risques, mais la fenêtre d'opportunité se referme, avertit le World Economic Forum. Pour y arriver, une action coordonnée et multilatérale devrait être mise en oeuvre sans plus tarder afin d’atténuer les impacts des changements en cours et de renforcer la résilience des communautés humaines.

© AFP