Alors que "La nuit de l'obscurité" doit se tenir ce samedi dans toute la Belgique, il n'y a finalement que très peu de communes qui couperont leur éclairage public.


L'ASCEN, l'association pour la sauvegarde du ciel et de l'environnement nocturnes, a lancé l'événement pour dénoncer les impacts de l'éclairage artificiel la nuit sur les animaux et les humains : oiseaux migrateurs, cycle des chauves-souris, plantes... et qualité du sommeil humain, bien sûr. Et ça empêche également d'observer les étoile.

Mais si une centaine de lieux seront plongés dans le noir, en Belgique, ce samedi, de très nombreux éclairages publics, eux, resteront allumés. Il y a évidemment l'aspect sécurité, puisque de nombreux bourgmestres (responsables de la sécurité dans leur commune, NdlR) préfèrent ne pas s'inscrire dans l'opération, ou en tous cas pas partout, pour renforcer à la fois la sécurité et le sentiment de sécurité des habitants.

Plus étonnant, il peut aussi y avoir l'aspect économique: faire éteindre l'éclairage public n'est pas qu'une simple affaire d'interrupteur. Il faut envoyer un technicien manuellement couper les bornes d'éclairage public, ce qui engendre des coûts.

Et Ores, qui s'occupe d'environ 199 communes en Wallonie, facture aux communes le service d'extinction. "Une quinzaine de communes seulement nous ont fait des demandes cette année, on a répondu avec une offre. Ça ne fait pas partie des activités de base pour lesquelles Ores est payé par les communes : on fait donc un devis aux communes qui nous le demandent", précise le porte-parole d'Ores. "Déplacements, travail des techniciens en cabine, mais aussi le fait que ça soit une double intervention: la première pour dire aux lumières de ne pas s'allumer le jour choisi, la seconde pour revenir à la normale. L'éclairage public, c'est pas de l'allumage cabine par cabine tous les soirs, c'est deux réseaux informatiques qui allument ou éteignent les systèmes d'éclairage. Ca se fait de manière généralisée sur toutes les communes qu'on gère. Quand faut éteindre dans tel ou tel quartier, ça demande intervention humaine, on doit donc rendre une offre à la commune."

Une intervention qui commence à 750-1000€, "mais qui peut monter beaucoup plus haut selon le nombre de cabines, les kilomètres à parcourir, etc."

A Sivry-Rance, pourtant, petite commune de la Botte du Hainaut, on éteindra tout l'éclairage public de l'entité, à l'exception de la N53. Et ce, gratuitement. "Pour nous ça fait partie du service de l'intercommunale. Le coût, si coût il y a, sera simplement répercuté sur les dividendes versés par l'intercommunale aux communes", dit Jean-François Gatelier, bourgmestre. C'est l'AIESH qui s'occupe du réseau électrique pour huit communes de la Botte, et non Ores.