Un rapport de l'importante ONG Care International publié ce 12 janvier constate que, lors de l'année écoulée, le lancement de la PlayStation 5 a reçu 26 fois plus d'attention médiatique que 10 crises humanitaires combinées.

En 2020, des crises ont secoué les quatre coins du monde. D'abord, le Covid-19 a tout chamboulé. Puis le mouvement Black Lives Matter a demandé justice pour les nombreuses personnes tuées, notamment aux Etats-Unis. En fin d'année, les dernières dérives de Donald Trump et la victoire de Joe Biden à la présidentielle américaine ont accaparé toute l'attention.

Par contre, certaines crises sont et restent peu couvertes par les médias. Care International a listé les dix crises humanitaires les moins couvertes en 2020 : la rareté des terres cultivables au Burundi, le manque de nourriture au Guatemala, la crise humanitaire en République centrafricaine, les personnes âgées abandonnées en Ukraine, l'impact du changement climatique à Madagascar, les suicides et mariages d'enfants au Malawi, les catastrophes naturelles en Papouasie-Nouvelle-Guinée et au Pakistan, la violence au Mali, les sécheresses et inondations en Zambie.

Pour ces dix crises rassemblées, Care international comptabilise 12 719 articles publiés en ligne. Elle en compte 334 000 pour la sortie de la PlayStation 5, 50 300 pour l'Eurovision et 39 900 pour la candidature de Kanye West à la présidentielle des Etats-Unis. 

Six des dix crises citées dans cette liste ont lieu dans un pays africain. Des pays comme le Burundi, Madagascar ou la République centrafricaine conserve cette place d'année en année. Seul un pays d'Europe (Ukraine) se retrouve dans la liste.

À ces crises que traversent les différents pays cités, s'ajoutent les conséquences liées à la pandémie. "Le Covid-19 nous a montré que les crises humanitaires peuvent se produire n'importe où, mais pour de nombreuses personnes, en particulier les femmes et les filles, ce Covid-19 n'est qu'une menace de plus à laquelle elles doivent déjà faire face", a déclaré Delphine Pinault, coordinatrice du rapport et représentante de l'ONU, à The Guardian. "Nous ne devons pas rester silencieux alors que le monde ignore des crises qui ont commencé bien avant Covid-19 et qui n'ont toujours pas été abordées".