La présence de Greta Thunberg à la COP25 à Madrid est loin de passer inaperçue, chacune de ses apparitions attirant dans son sillage une nuée de journalistes et de photographes. Lors d'une conférence de presse lundi matin, la jeune activiste suédoise n'a cependant pas voulu raconter une énième fois sa propre histoire mais plutôt donner la parole à des jeunes du monde entier, dont les vies sont chamboulées voire menacées par les changements climatiques. "Nous avons remarqué qu'il y avait une certaine attention médiatique", a malicieusement déclaré d'emblée Greta Thunberg, l'air timide, aux côtés de Luisa Neubauer, militante allemande du mouvement Fridays For Future. "Et nous avons estimé qu'il était de notre devoir d'utiliser cette attention pour donner la parole à ceux qui ont besoin de raconter leur histoire."

"Luisa et moi n'allons pas parler aujourd'hui", a ajouté la jeune activiste, "nous allons laisser d'autres le faire. Nous sommes des privilégiés et notre histoire a été racontée à de nombreuses reprises."

Pour l'inspiratrice des grèves des élèves pour le climat, c'est l'histoire des populations du sud et des communautés indigènes qui doit être entendue car ces dernières sont les plus fortement et rapidement touchées par les changements climatiques alors même qu'elles n'en sont pas responsables et ont de tous temps vécu en harmonie avec la nature.

Plusieurs jeunes du monde entier ont ensuite pris la parole pour livrer des témoignages émouvants des effets des changements climatiques sur leur quotidien. Comme ce jeune homme des Iles Marshall, dont le cadre de vie même est menacé par l'élévation du niveau des mers, ou cette jeune Ougandaise dont "les rêves se sont transformés en cauchemars".

Un jeune Russe a quant à lui expliqué être devenu un activiste pour le climat alors qu'il y a un an à peine, il ne savait rien des changements climatiques. Mais manifester pour le climat n'est pas sans risque en Russie, où l'on risque l'arrestation, a-t-il dénoncé.

Une jeune Chilienne a également pris la parole alors que la COP25 devait initialement se dérouler Chili, pays qui a dû renoncer en dernière minute à son organisation en raison d'une importante contestation sociale déclenchée par l'augmentation des prix des transports en commun.

La conférence de l'Onu sur le climat (COP25) se déroule à Madrid du 2 au 13 décembre. Les ministres y sont attendus mardi et mercredi pour le segment dit "de haut niveau".

Les négociateurs tentent notamment d'aboutir sur les règles de fonctionnement de marchés de crédits carbone, prévus par l'article 6 de l'accord de Paris. Un sujet ultra délicat qui n'avait pu être conclu l'an dernier à Katowice (COP24).

De nombreuses ONG et des milliers de manifestants ont exhorté ces derniers jours les responsables politiques des près de 200 pays représentés à Madrid d'agir immédiatement pour le climat. Les engagements pris jusqu'ici dans le cadre de l'accord de Paris mènent en effet la planète vers un réchauffement de +3,2°C d'ici la fin du siècle, loin des objectifs de le contenir bien en-deça de 2°C et si possible à 1,5°C. Le relèvement des ambitions n'est toutefois pas attendu avant 2020 et la COP26 prévue fin de l'année à Glasgow.