La Russie a adopté un plan national visant à adapter "l'économie et la population du pays" au changement climatique, en limitant ses dégâts mais aussi en en saisissant "les opportunités", selon un décret gouvernemental rendu public sur le portail internet officiel russe.

Ce plan qui court sur deux ans et ne comporte pas de mesures détaillées part du constat que "les conséquences du changement (climatique) ont un effet reconnu et grandissant sur le développement socio-économique, la vie et la santé de la population".

Selon le ministère russe de l'Environnement, la Russie se réchauffe en moyenne 2,5 fois plus vite que le reste du monde. Le président Vladimir Poutine a admis la réalité du réchauffement climatique, même s'il juge qu'il est impossible de déterminer ce qui en est la cause.

Le plan vise à "réduire la vulnérabilité" de la population et de l'économie russes mais aussi à "saisir les opportunités qui découlent de ces changements". Parmi les risques identifiés, figurent la fonte du permafrost, de nouvelles contaminations et une météo capricieuse qui entraîne un risque accru d'incendies et d'inondations.

Les possibles effets "positifs" sont une baisse de la consommation d'énergie dans les régions froides, une augmentation de la surface des zones agricoles et de nouvelles voies de navigation dans l'océan Arctique.

Le document évoque les mesures qui pourraient être nécessaires à l'avenir, mentionnant sans autres précisions la construction de barrages ou l'adoption de cultures plus résistantes à la sécheresse. Il répartit aussi les missions entre les autorités locales et fédérales.

Il établit en outre une liste d'une trentaine de mesures à prendre, parmi lesquelles une plus grande sensibilisation dans les écoles à la problématique du changement climatique.

La Russie est un des pays les plus vulnérables au changement climatique, avec en particulier ses vastes régions arctiques où les infrastructures sont construites sur le permafrost. De graves inondations et des feux de forêt inhabituels ont eu lieu ces derniers mois.

Fin décembre, au cours de sa grande conférence de presse annuelle, le président Poutine avait affirmé que "personne" ne connaissait "les causes du changement climatique", ajoutant qu'il était "très difficile, voir même impossible", d'évaluer l'influence des activités humaines sur le climat.

Il a cependant réaffirmé l'engagement en vue d'une réduction des émissions de gaz à effet de serre de la Russie, un grand producteur d'hydrocarbures, et le respect de l'accord de Paris sur le climat.