Comment a évolué le secteur du bois-énergie ? Comment est réglementé le chauffage au bois ? Pourquoi ce combustible est-il considéré comme renouvelable et neutre en CO2 ? Que peut-on faire, à son échelle, pour rendre cette source de chaleur encore plus efficace et durable ?

Des appareils récents très performants

Ces dernières années, le secteur du bois-énergie a fortement évolué. On trouve différents combustibles (bûches, pellets, plaquettes, etc.) et les avancées technologiques ont permis l'apparition de systèmes de chauffage performants, pratiques et faciles d'utilisation.

Contrairement aux idées reçues, les poêles et inserts à bûches récents affichent des rendements impressionnants allant de 75 à 90 %, voire plus. Par ailleurs, ces appareils respectent des normes d’émissions plus strictes, contrairement aux anciens poêles qui ont généralement un rendement faible (moins de 50 %) dû notamment à l’absence d’une arrivée d’air secondaire et sont source de pollution.

© ValBiom

Une combustion réglementée et bien maitrisée

Il existe plusieurs mesures législatives pour réduire les émissions liées à la combustion résidentielle du bois.

Au niveau européen, les états membres ont mis sur pied une procédure de certification des installateurs d’énergies renouvelables. Cette directive impose qu’une certification soit prévue pour les installateurs de chaudières alimentées en biomasse solide.

La certification est effective en Wallonie depuis plusieurs années de manière coordonnée avec les 3 régions. On parle du certificat Qualiwall, géré par le SPW Energie.

Au niveau wallon, l’Arrêté du Gouvernement de janvier 2009 vise la réduction des émissions de polluants et des consommations d’énergie provenant des chaudières (essentiellement gaz et mazout).

Le bois, un combustible renouvelable et neutre en CO2

C’est par le phénomène de combustion que le bois se transforme en énergie avec, si certaines conditions sont respectées, un bilan carbone neutre.

Parmi les conditions, il faut que le bois utilisé soit issu de forêts gérées durablement, d’où l’intérêt d’utiliser du bois certifié. Par ailleurs, il faut que les émissions de CO2 liées aux opérations d’abattage, transport et transformation soient réduites au maximum, d’où l’intérêt d’utiliser du bois local.

La combustion du bois est considérée comme neutre en CO2 car le CO2 émis durant la combustion correspond au CO2 capté par l'arbre lors de sa croissance. Il n’y a donc pas d’accumulation de CO2 dans l’atmosphère.

L’importance d’utiliser des bûches bien sèches

Les bûches proviennent principalement de la récupération des houppiers (sommets des arbres ébranchés) lors des coupes commerciales, des élagages, et de l’exploitation de taillis.

Leur contenu énergétique (PCI) dépend essentiellement de l’humidité du bois. Lorsqu’il est abattu, le bois a une humidité d’environ 50 % (on dit qu’il est « frais » ou « vert ») et son PCI avoisine 2,2 kWh/kg. Après 1 an à l’air libre, l’humidité du bois descend à environ 30 % et son PCI atteint 3,3 kWh/kg. [1]

Pour être utilisées efficacement, les bûches doivent impérativement avoir séché 2 ans, avec une humidité pouvant descendre jusqu’à 20 % et un PCI pouvant monter jusqu’à 3,9 kWh/kg. En utilisant du bois bien sec, l’utilisateur y gagnera en consommation et il polluera nettement moins.

Du bois bien sec mais aussi correctement calibré

Oui, la taille des bûches compte aussi ! Si votre appareil de chauffage est prévu pour des bûches de 60 cm, inutile de tenter d’y glisser une de 90 cm.

Renseignez-vous au préalable auprès de votre revendeur de bois afin de toujours utiliser des bûches débitées aux mesures préconisées par le fabricant.

Les dimensions standard varient de 25 à 50 cm, avec une longueur intermédiaire de 33 cm. A savoir que leur diamètre idéal doit être compris entre 10 et 15 cm.

© ValBiom

La sensibilisation, au cœur de la campagne La Maîtrise du feu [2]

Etant donné les enjeux énergétiques et climatiques actuels, il apparait essentiel d’inciter le (futur) utilisateur de ce type de chauffage à adopter une attitude respectueuse de l’environnement vis-à-vis de son appareil.

C’est tout l’objectif des bonnes pratiques « La Maitrise du feu ». Cette campagne s’inscrit dans un contexte plus large de lutte contre le changement climatique et de mise en œuvre du Plan Air-Climat-Energie par la Wallonie. La volonté est de montrer qu’à son échelle, le citoyen peut devenir moins énergivore, et qu’il peut – lui aussi – participer à l’amélioration de la qualité de l’air.

Plus d’infos ?

· Parcourir les conseils pratiques sur www.lamaitrisedufeu.be

· Véhiculer les conseils et les diffuser à vos connaissances grâce au livret !

Où le trouver ?

- Chez les conseillers en énergie de votre commune : Guichets Energie Wallonie, Espace Wallonie, Groupe d’action local.

- Chez les fabricants, (re)vendeurs et/ou installateurs de systèmes de chauffage individuel spécialisés.

- Chez les fournisseur de bois bûche le plus proche, etc.

- Suivre les actualités sur la page Facebook : https://www.facebook.com/LaMaitriseDuFeu

LA MAITRISE DU FEU, UNE INITIATIVE DE L’AWAC, AGORIA CIV, FEBHEL, SPW ÉNERGIE, SPW ENVIRONNEMENT, VALBIOM.

© ValBiom

[1] Source : ValBiom, 2020.

[2] Une campagne financée par l’Agence wallonne de l'Air et du Climat et coordonnée par l’asbl ValBiom, avec le soutien de la Wallonie, Agoria CIV et la Fédération Interprofessionnelle Belge du Bois Énergie.

© La Maitrise du feu – www.lamaitrisedufeu.be