"Le Conseil supérieur de la santé propose d'interdire le glyphosate en Belgique dès que possible, à savoir en 2022 selon les conditions stipulées dans l'autorisation d'utilisation actuelle", a-t-il fait savoir dans un avis publié ce jeudi sur le site du SPF Santé publique.

Pour rappel, l'utilisation de l'herbicide appelé glyphosate, substance active présente notamment dans le Roundup, a été autorisée dans l'Union européenne, moyennant certaines restrictions, pour cinq années supplémentaires, à savoir jusqu'au 15 décembre 2022. Les restrictions étant que le suif aminé employé comme adjuvant doit être banni des formulations et le glyphosate ne doit pas être utilisé dans les lieux publics

Après cette période, le Conseil supérieur de la Santé (CSS) recommande donc à la Belgique de laisser tomber ce pesticide.

L'instance recommande d'encourager les efforts visant à trouver une alternative acceptable au glyphosate: soit un autre produit chimique aux propriétés similaires, soit d'autres méthodes non chimiques pour lutter contre les mauvaises herbes.

D'autres effets toxiques possibles

Depuis des années, des débats font rage entre ceux qui affirment que le glyphosate est cancérigène et ceux qui prétendent le contraire. Pour le CSS, le reste de la période d'autorisation doit être utilisée pour "résoudre le problème de la carcinogénicité".

En outre, comme le rappelle le CSS, "bien que la carcinogénicité du glyphosate soit la problématique la plus visible, d'autres effets toxiques possibles du glyphosate sont importants, tels que son impact sur le microbiome intestinal de l'homme et des pollinisateurs, y compris les effets perturbateurs endocriniens et épigénétiques transgénérationnels." Sans compter qu'il "existe des preuves irréfutables que la discussion a été compromise par la fraude, la méfiance et des conflits d'intérêts très importants, de la part tant des individus que des organisations".

Des conséquences économiques

Le CSS n'oublie pas les conséquences économiques d'une interdiction. "Un équilibre entre les considérations économiques à court terme et le principe de précaution de la protection de la santé humaine et environnementale, d'une part, et la prévention des pertes économiques à long terme, d'autre part, doit être réalisé avec beaucoup de soin."

L'avis du Conseil supérieur de la Santé était prêt en janvier, mais l'instance n'avait pas souhaité le publier en raison de la crise sanitaire liée au coronavirus. "Il est temps maintenant de se tourner vers l'avenir et de saisir l'occasion de la nécessaire reprise économique pour construire une économie plus durable dans laquelle le glyphosate n'a plus sa place", indique le Conseil supérieur de la Santé.