"Le décalage n'aura jamais été aussi grand entre la lenteur et le manque d'ambition dans l'enceinte des négociations à la Cop25 de Madrid d'une part, et la pression de la rue pour plus de justice climatique, combinée avec l'appel des scientifiques, d'autre part", déplore dimanche la Coalition Climat.

Les demandes des pays en développement n'ont pas été entendues, se désolent les organisations de la coalition. "Les événements climatiques extrêmes ont des conséquences désastreuses pour des millions de personnes. Les pays du Sud ne peuvent supporter seuls le fardeau de l'urgence climatique, dont ils sont très peu responsables. La question du financement est cruciale."

Le report des négociations sur les marchés internationaux du carbone à la prochaine conférence de l'ONU sur le climat, en décembre 2020 à Glasgow, constitue "la décision la plus sensée au regard de la comptabilité carbone créative et surprenante proposée par un certain nombre de pays", réagit la coalition.

Elle souligne que les options avancées à Madrid menaçaient de permettre aux "parties d'être en ligne avec l'Accord de Paris sur papier, sans pour autant réduire les émissions dans les faits et sans assurer suffisamment de garanties pour les droits humains". Ces marchés ne sont par ailleurs "pas nécessaires pour déjà mettre en oeuvre les engagements de l'Accord de Paris et réduire sans délai les émissions dans chaque pays", rappellent les organisations.

La décennie qui s'ouvre en 2020 sera cruciale, souligne-t-on. "La Belgique doit rejoindre le clan des Etats les plus ambitieux et plaider pour relever l'objectif européen à l'horizon 2030", conclut la Coalition.