A la demande d'Engie, différents scénarios quant à l'approvisionnement en énergie du pays à l'horizon 2030-2050 ont été élaborés par ces partenaires de recherche flamands dont les universités de Louvain et d'Hasselt (KU Leuven et UHasselt). Ils se sont projetés au-delà de 2025 et du coup d'arrêt prévu pour le nucléaire belge, afin d'imaginer le futur de l'approvisionnement énergétique du pays.

Il en ressort que le renouvelable occupera une place importante dans la production d'électricité, quelle que soit la décision prise quant à une éventuelle prolongation des réacteurs. En Belgique, selon le scénario le plus réaliste, la part du renouvelable dans le mix énergétique devrait atteindre 50%. Les chercheurs ont également élaboré un scénario qui refléterait de plus grandes ambitions pour le renouvelable. La part prise dans la production d'électricité atteindrait jusqu'à 66% dès 2030, principalement grâce à un déploiement important d'unités photovoltaïques.

Là où la prolongation du nucléaire pourrait avoir un impact significatif, c'est concernant l'installation de nouvelles capacités de production au gaz. Ici, les chercheurs trouvent que 3,85 GW additionnels seront nécessaires en cas de sortie complète du nucléaire. Par conséquent, la Belgique connaîtrait un pic d'émissions de CO2 en 2026 avant de revenir à un niveau inférieur à l'actuel en 2030. Naturellement, la prolongation du nucléaire réduit le besoin d'investissements dans les centrales au gaz.

"Une prolongation de 10 ans réduit les investissements à 2,7 GW, 20 ans à 2,1 GW" explique Pieter Lodewijks, en charge de la recherche pour EnergyVille. "La prolongation de la durée de vie du nucléaire signifie que les émissions de CO 2 du secteur électrique seront considérablement plus faibles, en particulier dans la période jusqu'à 2030, en raison de la moindre utilisation des centrales au gaz".