Les Etats-Unis de Donald Trump et la Chine de Xi Jinping ont affiché mardi au grand jour leurs désaccords sur de nombreux sujets: coopération internationale, gestion de l'épidémie de nouveau coronavirus et réchauffement climatique.

"Les Nations unies doivent tenir la Chine pour responsable de ses actes" au début du Covid-19, a lancé le président américain à l'ouverture de cette grand-messe diplomatique annuelle, virtuelle en raison de la crise sanitaire. Il a accusé la puissance rivale d'avoir laissé le "virus chinois", une formule qui suscite l'ire de Pékin, "infecter le monde".

Lors d'un discours également pré-enregistré, le président chinois Xi Jinping a souligné que "la Chine n'avait pas l'intention d'entrer dans une Guerre froide". Sans citer Washington, il a mis en garde contre "le piège d'un choc des civilisations", appelant à ne pas "politiser" la lutte contre le coronavirus.

Son ambassadeur à l'Onu Zhang Jun s'est ensuite chargé de "rejeter" sèchement les "accusations infondées" de Donald Trump.


"Si quelqu'un doit être tenu pour responsable, ce sont les Etats-Unis pour avoir perdu tant de vies avec leur attitude irresponsable", a-t-il déclaré à des médias, alors que le bilan de la maladie a atteint mardi les 200.000 morts dans ce pays.

L'affrontement à distance s'est poursuivi sur le terrain climatique.

Xi Jinping a voulu jouer les bons élèves, en fixant pour première fois un objectif de neutralité carbone - en 2060 - pour son pays, premier émetteur de gaz à effet de serre de la planète.

Connu pour son climatoscepticisme, Donald Trump a critiqué "ceux qui attaquent le bilan environnemental exceptionnel de l'Amérique tout en fermant les yeux sur la pollution endémique de la Chine".

Réponse cinglante de Pékin: les Etats-Unis sont une "sérieuse entrave" à la lutte contre le réchauffement climatique, a fustigé Wang Wenbin, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

En se retirant des accords internationaux visant à réduire les émissions de carbone, les Etats-Unis ont manqué à "leur devoir" et "refusent de prendre des mesures minimales pour protéger la planète", a regretté le porte-parole.

Sur Twitter, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a salué l'annonce de Pékin sur le climat mais prévenu qu'il restait "beaucoup de travail à faire".