L’utilisation obligatoire des masques dans certains endroits de l’espace public a déjà des conséquences sur l'environnement. Impossible de les manquer lorsque l’on se promène dans la rue ou dans les parcs : on dirait que les masques jetables sont partout, sauf dans les poubelles. En plus de joncher le sol de nos villes, les masques ont déjà commencé à rejoindre, mégots, plastiques et autres déchets dans le fond des océans.

C’est ce que dénonce Laurent Lambert, plongeur et fondateur de l’association Opération Mer Propre. Dans une vidéo postée sur Facebook, l’homme alerte sur la présence de masques chirurgicaux et de gants jetables dans la Méditerranée. Tournées au large d’Antibes, les images laissent sans voix.

Pourtant, ce n'est pas la première fois depuis le début de la crise que des masques sont retrouvés dans l'océan. Déjà en février, un groupe d’activistes d’OceansAsia a publié une photo montrant des dizaines de masques chirurgicaux découverts sur les plages de Hong Kong.

Une catastrophe annoncée

Ces nouveaux déchets viennent s'ajouter aux 8 millions de tonnes de plastique qui se retrouvent dans les océans chaque année. Le plastique représente 80% des débris marins, selon l'Union internationale pour la conservation de la nature.

D'après plusieurs estimations scientifiques, les masques chirurgicaux prendraient entre 300 et 500 ans à se dégrader dans la nature. "Sachant que plus de deux milliards de masques jetables ont été commandés, bientôt il risque d'y avoir plus de masques que de méduses dans les eaux de la Méditerranée" , prévient Laurent Lombard. Et ces chiffres ne concernent que la France. Début mai, plus de 75 pays avaient rendu obligatoire le port du masque. Cette obligation concernait donc 88% de la population mondiale.