C'était en juillet 2017 que la nouvelle était tombée : un iceberg de mille milliards de tonnes, soit l'un des plus gros jamais vus, venait de se former après s'être détaché d'une gigantesque barrière de glace, nommée "Larsen C", située à l'ouest du continent Antarctique. Épais de 350 m et mesurant près de 5.800 km2, soit 55 fois la surface de Paris, l'imposant bloc à l'époque nommé "iceberg A68" commençait alors son périple.

Quasi immobile pendant un an, il commence peu à peu à dériver dans l'Atlantique Sud, vers l'île de Géorgie du Sud. La petite île est l'endroit où de nombreux gros icebergs finissent. Là-bas, bloqués dans les hauts-fonds, ils sont condamnés à fondre progressivement. Et si après une semaine, l'iceberg commence à se fissurer, ce n'est pas parce qu'il a fondu que l'iceberg a disparu.

En effet, sa disparition est due aux températures plus chaudes de l'eau et de l'air, ainsi qu'à la puissance des vagues. L'iceberg s'est simplement brisé en fragments moins importants, devenant donc impossible à suivre. "Il est étonnant que l'A68 ait duré aussi longtemps", explique à la BBC un chercheur de l'Université de Swansea, au Royaume-Uni. "Si vous pensez au rapport d'épaisseur - c'est comme quatre morceaux de papier A4 empilés les uns sur les autres. Cette chose est donc incroyablement flexible et fragile lorsqu'elle se déplace dans l'océan. Il a duré des années comme ça. Mais il a fini par se briser en quatre à cinq morceaux, qui se sont ensuite également brisés."

Star des réseaux sociaux

Mais l'iceberg A68 était aussi très célèbre sur les réseaux sociaux. Grâce aux différents outils de collecte de données spatiales accessibles au grand public, il était souvent ramené sur le devant de la scène. "A68 a attiré l'attention de beaucoup de personnes différentes", commente Laura Gerrish auprès de la BBC, spécialiste de la cartographie au British Antarctic Survey (BAS). "Nous avons vu tous les petits rebondissements. Nous avons pu suivre sa progression grâce à des images satellites quotidiennes, à un niveau de détail que nous n'avions pas vraiment été en mesure de faire auparavant."

"C'est la fin de A68 et de toute la famille d'icebergs qu'il a engendré", publie un internaute sur Twitter, accompagnant son message d'une image satellite.