Les progrès accomplis en vue de réduire les risques liés à l'utilisation des pesticides dans l'UE ont été limités ces dix dernières années, déplore mercredi la Cour des comptes européenne dans un nouveau rapport.

Les agriculteurs ne devraient recourir aux pesticides qu'en cas d'échec ou d'inefficacité des mesures de prévention et des autres méthodes employées, prescrit la législation européenne, qui n'est toutefois pas encore transposée intégralement dans tous les Etats membres.

"Il n'existe cependant pas de critères clairs ni d'exigences spécifiques destinés à garantir l'application de ces principes et à en évaluer le respect", affirment les auditeurs de Luxembourg.

Une catégorie "produits phytopharmaceutiques à faible risque" a bien été créée récemment, mais sur 487 substances actives, seulement 16 (3%) d'entre elles peuvent être utilisées à ce jour, ajoutent-il.

La Cour des comptes observe également que les agriculteurs ne sont pas suffisamment incités à réduire leur dépendance à l'égard des pesticides. Elle souligne en particulier que l'application des principes de lutte intégrée contre les ennemis des cultures ne constitue pas une condition préalable au versement de paiements au titre de la PAC (Politique agricole commune).

"Jusqu'ici, la Commission européenne n'a pas été en mesure de réduire fortement et de contrôler les risques liés à l'utilisation de pesticides par les agriculteurs", a déclaré Samo Jereb, responsable du rapport. "L'entrée en vigueur d'une nouvelle politique agricole commune en 2021 offrait la possibilité de s'attaquer à ce problème de manière appropriée, mais l'occasion n'a malheureusement pas été saisie."

Les auditeurs recommandent aussi d'améliorer les statistiques sur les produits phytopharmaceutiques et d'élaborer de meilleurs indicateurs de risques.

Plus de 350.000 tonnes de pesticides sont vendues chaque année dans l'Union européenne.