Tout d'abord, assure le ministre libéral, "la Belgique est extrêmement attentive à la santé des abeilles. Elles jouent un rôle primordial pour notre biodiversité. A titre d’exemple, depuis le 1er janvier 2019, en Belgique, toute procédure d’autorisation d’un insecticide fait d’abord l’objet d’une évaluation de la toxicité chronique (qui tue ou rend malade à moyen ou long terme) de ce produit contre les abeilles. Jusque-là, seule sa toxicité aiguë (qui tue tout de suite ou à court terme) était évaluée. En outre, dans notre pays, la toxicité des produits est désormais évaluée non seulement pour les abeilles domestiques mais aussi pour les bourdons et les autres espèces d’abeilles sauvages. Notre pays est ainsi l'un des seuls en Europe à appliquer des normes plus sévères que celles prévues par l’EFSA Bee Guidance adoptée au niveau européen".

Concernant le cas plus spécifique des néonicotinoïdes, "il convient de rappeler que ces produits permettent notamment de protéger une série de cultures (dont la betterave) des pucerons (responsables de la jaunisse virale, voir notre photo), très présents en Belgique. C’est pourquoi le secteur betteravier avait sollicité et obtenu du Comité d’agréation des pesticides à usage agricole une dérogation de 120 jours, comme le permet la réglementation européenne en vigueur, et moyennant une série de garanties pour les abeilles." Le comité d’agrégation a octroyé 15 dérogations pour les néonicotinoïdes pour 2019/2020 en Belgique. Dans l'Union européenne, seuls trois pays font appel à cette possibilité : la Belgique donc, l'Autriche et la Pologne. Ils pourraient être rejoints par la France.

La Belgique s’est par ailleurs dès 2018 déclarée favorable à un phasing out de 3 ans, ajoute Denis Ducarme, afin que le secteur betteravier, "qui représente près de 8.500 emplois, puisse se préparer à l’interdiction des néonicotinoïdes". "La commission Santé de la Chambre avait d’ailleurs adopté au printemps 2019 une proposition de loi Ecolo-Groen qui rejoignait en ce sens" la position du ministre Ducarme.

Denis Ducarme nous confirme enfin ce qu'il avait déjà annoncé plus tôt dans l'année : "la dérogation octroyée au secteur en 2020 sera, de (m)on point de vue, la dernière". Rien ne dit toutefois que le ministre Ducarme sera toujours ministre de l'Agriculture lorsqu'un prochain gouvernement sera sur pied.

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