"Le 27 août dernier, un piège photographique d’un particulier a révélé de manière indiscutable la présence d’un lynx dans la vallée de la Semois", a indiqué vendredi le Service public de Wallonie. Jusqu’ici, ces vingt dernières années, seules des observations ponctuelles ont été réalisées sans preuve aussi formelle que cette photo, qui montre l’animal au pelage brun, se confondant presque avec les feuilles mortes du sous-bois dans lequel il se balade.

La qualité du cliché permet aux scientifiques du SPW Environnement de confirmer plusieurs des indices récoltés depuis février indiquant la présence de ce grand félin dans cette partie de notre territoire. "Ces observations sur plusieurs mois permettent de considérer que ce lynx n’est pas de passage, mais semble bien établi en Wallonie", observe le SPW. Les proies principales du lynx sont les rongeurs, les lièvres et les ongulés (surtout le chevreuil). Son domaine vital s’étend sur plusieurs centaines de km². Chasseur à l’approche et à l’affût très discret, ce mammifère d’une vingtaine de kilos est excessivement difficile à observer. "Il ne représente aucun danger pour l’homme qu’il prend soin d’éviter", rassure le SPW. Selon une étude sur l’habitat potentiel du lynx en Belgique réalisée cet été par le Fonds mondial pour la nature, il y a de 3 000 à 4 000 km2 d’habitat disponible pour l’espèce, essentiellement dans la moitié sud de la Wallonie. Cette surface pourrait convenir à une trentaine d’individus maximum. Néanmoins, cet habitat étant très morcelé entre autres par les autoroutes qui sont aussi des pièges mortels, "il est nécessaire d’améliorer la connectivité entre massifs en construisant des écoducs au-dessus des autoroutes ou en améliorant le bocage dans les zones ouvertes séparant les massifs", estime le WWF.