" Le futur exécutif fédéral "fera de la transition environnementale une préoccupation transversale et de tous les instants". "Il serait absurde d’opposer écologie et économie car elles se renforcent mutuellement..." Si ce n’est pas une profession de foi en faveur du développement durable, voilà qui y ressemble furieusement.

À plusieurs reprises en effet, l’accord Vivaldi met en évidence la place centrale qu’il entend accorder aux enjeux climatiques et environnementaux dans les politiques qui seront mises en œuvre, tout en insistant sur sa volonté de miser tant sur les changements de comportements que sur l’innovation et la technologie.

En matière de climat tout d’abord, le rapport signé par Paul Magnette et Alexander De Croo annonce que le fédéral s’imposera un objectif de réduction des gaz à effet de serre de 55 % d’ici à 2030 et qu’il prendra toutes les mesures nécessaires dans ce sens "dans sa sphère de compétences". Il table, entre autres, sur de "grands investissements structurants" dans les énergies renouvelables et l’isolation des bâtiments. Ce faisant, il s’aligne sur la Wallonie et sur le cap récemment affiché par la Commission européenne, soulignant son intention de s’inscrire dans le Green Deal européen. L’avancée est notable si l’on se souvient de la cacophonie qui a entouré les ambitions climatiques de notre pays ces dernières années, mais il n’est pas certain qu’elle pousse la Région flamande à embrayer sur cette voie…

Attentif à ce que la transition climatique contribue à renforcer la cohésion sociale plutôt qu’à la fracturer, le gouvernement entend travailler sur base d’une "large concertation" et en misant sur les incitants. Notre pays organisera d’ailleurs une conférence internationale sur cette question de la "transition juste".

Fiscalité verte, ticket papier et consigne sur les emballages

Parmi les leviers envisagés pour accélérer cette transformation de la société, on pointera la volonté (une nouvelle fois) affichée de réformer la fiscalité "afin de la rendre plus favorable au climat et à l’environnement", en se basant sur le principe du pollueur-payeur. L’idée de favoriser le désinvestissement des fonds de pension dans les secteurs néfastes à l’environnement et à la santé - notamment les énergies fossiles - est également dans l’air. Le futur exécutif s’engage par ailleurs à actualiser sa stratégie sur la biodiversité et à donner l’exemple en la matière ou encore à plaider pour que l’enjeu de la déforestation soit mieux pris en compte dans les accords de libre-échange. La spécialisation de magistrats et de personnel judiciaire focalisés sur les infractions environnementales sera également "ancrée dans la loi", avance le rapport.

Le gouvernement s’engage en outre à combattre les pollutions, et singulièrement la pollution plastique, en donnant la priorité aux produits fabriqués à partir de biocomposants compostables et biodégradables. La fin des factures et tickets de caisse en papier sera aussi envisagée. L’opportunité d’intégrer un système de consignes dans la redevance sur les emballages - un autre vieux serpent de mer - sera "examinée".

Enfin, rappelant que le principe de précaution doit prévaloir lors de la mise sur le marché de tous les produits, le gouvernement annonce un "ambitieux plan de réduction des pesticides" qui prendra en compte la compétitivité des agriculteurs belges.

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