Ils s’étaient déguisés en joueurs de tennis et avaient improvisé un match parmi les clients dans une succursale du Crédit Suisse à Lausanne. 

Une pancarte, adressée à Roger Federer, disait : "Le Crédit Suisse détruit le climat. Roger, tu cautionnes ça ?" L’objectif de cette action menée par 12 jeunes Suisses le 22 novembre 2018 était d’interpeller le célèbre joueur de tennis helvétique, dont le sponsor banquier continue d’investir dans les énergies fossiles. Suite à l’action, le Crédit Suisse (CS) a déposé plainte et les 12 manifestants, âgés de 21 à 34 ans, ont été inculpés de violation de domicile, refus de se conformer aux ordres d’un agent de police, et défaut d’autorisation de manifester. Condamnés à une amende de 20 000 euros, ils ont fait opposition, ce qui a ouvert la voie au procès, qui a débuté cette semaine dans le Vaud. Les avocats des militants ont décidé de plaider la "nécessité licite", qui rend légal un acte puni par la loi s’il est justifié par la sauvegarde d’intérêts prépondérants. Pour justifier que la crise climatique implique bien une telle nécessité, les avocats ont cité plusieurs témoins dont le climatologue belge Jean-Pascal van Ypersele. 

Celui-ci, explique-t-il à La Libre, s’est rendu au procès mais n’a pas pu témoigner, en vertu du critère géographique appliqué par le juge. Une climatologue suisse a elle été acceptée, de même que le Prix Nobel de chimie Jacques Dubochet, Suisse lui aussi et venu en tant que "Grand-parent pour le climat". De nombreux militants du climat - ainsi que Jean-Pascal van Ypersele et Greta Thunberg - ont profité du procès pour à nouveau interpeller Roger Federer sur les réseaux sociaux quant aux choix de son sponsor le Crédit Suisse. Un hashtag spécial (#RogerWakeUpNow) a même été créé. Le sportif est jusqu’ici resté silencieux. La banque, elle, a publié cette déclaration : "Le combat contre le changement climatique est important. Le CS veut adapter son portfolio à l’Accord de Paris et ne financera plus de nouvelles centrales à charbon. Le CS respecte la liberté de parole dans un État de droit mais ne tolère aucune attaque sur ses filiales.

Verdict du procès lundi après-midi.