Une étude américaine révèle qu'en un an, des fragments de microplastiques ont voyagé dans l'atmosphère. Au total, plus de 1 000 tonnes de plastiques auraient voyagé comme la pluie.

Le plastique n'étant pas biodégradable, les déchets qui en sont composés se décomposent peu à peu et prennent la forme de microparticules. On les retrouve déjà en grande quantité dans les océans, ainsi que dans le corps de poissons et baleines. Publié jeudi dans la revue Science, l'article fait état de la découverte de plastique dans des régions reculées des États-Unis. Cette nouvelle étude confirme les résultats d'une étude menée dans les Alpes et en Arctique : les microplastiques peuvent aussi voyager dans l'atmosphère.

Plus de 1 000 tonnes de minuscules fragments tombent chaque année sur les parcs nationaux et les zones de nature sauvage dans l'Ouest américain, soit l'équivalent de 123 à 300 millions de bouteilles en plastique. "Il n'y a aucun endroit à la surface de la Terre qui ne soit couvert de microplastiques", selon Janice Brahney. "C'est vraiment déconcertant d'y penser".

Des microplastiques transportés par le vent et la pluie

L'équipe de chercheur distingue deux types de particules, selon la façon dont ils se dispersent dans l'atmosphère : les microplastiques humides et secs.

Selon eux, les fragments de plastique humides seraient très probablement déplacés par des tempêtes et emportés ensuite dans l'atmosphère. Ils proviendraient de zones urbaines plus importantes. Les microplastiques secs, eux, se comporteraient comme les poussières et se déplaceraient donc sur de longues distances, parfois à travers les continents.

Risques sanitaires

Ces nouvelles découvertes montrent une nouvelle fois qu'il est urgent de réduire la pollution. On ignore encore tous les effets que ces particules peuvent avoir sur le corps humain, mais plusieurs scientifiques ont déjà fait part de leur inquiétude concernant les risques pour la santé. En effet, ces particules sont suffisamment petites pour pouvoir se loger dans les tissus pulmonaires, ce qui pourrait à terme provoquer des cancers et de l'asthme. En 2019, une étude danoise montrait qu'une personne moyenne inhalait environ 11 fragments de microplastiques par heure.