La deuxième édition de Move for Tomorrow a rencontré un joli succès. Plusieurs centaines d’étudiants y ont pris part sur le campus de l’UCL. Avec de nombreuses idées pour construire un autre monde.

De l’enthousiasme et des idées ! Plus de 800 personnes ont pris part à la 2e édition de la journée "Move for Tomorrow" organisée conjointement par La Libre et l’UCLouvain ce jeudi 29 novembre. Un joli succès pour une opération qui a pour objectif de réfléchir - et de rêver un peu aussi - ensemble aux moyens de placer le monde sur une voie plus juste et plus durable.

Devant un professeur et un expert extérieur, les étudiants ont présenté le fruit de leurs travaux autour de huit thématiques : l’agriculture et l’alimentation, la coopération, l’énergie, les féminismes, la mobilité, le climat, les soins de santé en Belgique et la santé ou encore les prisons. Huit ateliers riches en réflexions et discussions d’où sont ressorties une série d’idées, parfois déjà concrétisées, en voie de concrétisation ou encore à affiner.

Dans l’atelier climat, Coralie et Léa proposent, par exemple, de mettre en place un "seuil kérosène" annuel pour chaque citoyen belge. L’idée est simple : l’avion étant un mode de déplacement très émetteur en CO2, il faut dissuader la population d’y recourir pour des raisons futiles. En vertu de ce système, chaque personne se verrait attribuer par le gouvernement une enveloppe identique lui permettant d’effectuer un certain nombre de kilomètres par la voie aérienne. Si elle ne l’utilise pas - ou pas entièrement -, elle est récompensée via une ristourne fiscale. À l’inverse, le citoyen dépassant ce seuil (qui s’appliquerait à l’usage de l’avion à des fins privées) se verrait imposer une taxe supplémentaire.

Inspirée d’une approche appliquée au Costa Rica, cette méthode aurait l’avantage d’encourager les comportements vertueux via une forme de récompense pour un service rendu à l’environnement et de responsabiliser les citoyens, jugent les deux jeunes femmes. Elle pourrait aussi s’appliquer à d’autres domaines comme la consommation d’eau ou d’énergie.

De la tisane à Tours & Taxis

Étudiants en bioingénierie, Mathieu, Thomas et Tanguy souhaitent pour leur part creuser le sillon de l’agriculture urbaine. Leur projet consiste à créer une plantation dévolue à la production locale de tisanes dans l’ancienne gare maritime du site de Tours&Taxis. Les plantes envisagées sont en effet frugales et demandent peu d’intrants ; elles s’accommodent en outre de la luminosité réduite qui caractérise ce vaste bâtiment et apporteraient une touche esthétique grâce à leur floraison semi-permanente.

Cette culture, valorisée et vendue via une filière locale, pourrait aussi avoir un attrait éducatif en mettant en vitrine le métier d’artisan-tisanier et, pourquoi pas, servir à la formation de personnes en réinsertion sociale. Elle constituerait de plus un attrait touristique supplémentaire pour ce quartier de Bruxelles en pleine métamorphose.

Les participants à l’atelier Prison ont quant à eux présenté le projet "Inside-Out" déjà mis en œuvre par deux doctorants en criminologie et un groupe d’étudiants. Une initiative emballante qui consiste à organiser un cours de théâtre et à monter une pièce avec des détenus pour leur permettre de sortir, au moins virtuellement, du monde carcéral. "Inside-Out", qui a également fait l’objet d’un court-métrage, poursuit un objectif de réhumanisation visant à faciliter le retour de ces personnes dans la société. Une initiative positive qui pourrait être élargie à d’autres actions comme la formation aux techniques de production agricole, ont suggéré d’autres participants.G.T.