Concilier développement de l’énergie verte et préservation des espèces, telle est l’ambition du groupe énergétique Engie qui vient de placer ce jeudi un système de protection des chauves-souris par ultrasons sur une éolienne de son parc situé dans la commune de Modave, dans la province de Liège.

Un test - le premier du genre en Europe - réalisé jusqu’en octobre, qui va permettre à l’entreprise de quantifier l’efficacité du dispositif.

Groupe d’espèces protégées, les chauves-souris sont attirées par les éoliennes, en raison de la chaleur qu’elles dégagent mais aussi des insectes qu’elles attirent. Pour éviter que celles-ci ne soient percutées par les pales des éoliennes, Engie a installé cinq haut-parleurs à ultrasons "pour les repousser par la création d’un bouclier sonore", doublés de caméras infrarouges et d’un micro "pour détecter leur présence", et déclencher aussitôt une mise à l’arrêt le cas échéant, comme l’explique Stéphane Bronckers, responsable recherche chez Engie Laborelec, centre d’expertise et de recherche du groupe. Un mécanisme précis donc.

Pour l’heure , un système de mise à l’arrêt automatique des éoliennes existe à titre préventif, pendant certaines périodes de l’année, à certaines heures et dans certaines conditions de vent et de température. Un procédé non optimal "puisque l’on constate la présence de chauves-souris en dehors de ces périodes d’arrêt, et dès lors la protection n’est pas entière. Ou bien l’on remarque l’absence de celles-ci, et la production d’énergie n’est pas idéale. On estime à 1 à 3 % de perte d’énergie".

Avec le nouveau dispositif, "l’objectif est avant tout de protéger les chauves-souris, mais aussi de maximiser la production d’énergie verte", souligne le responsable. Déjà testé aux États-Unis, il apparaît que les animaux seraient "70 % mieux protégés". Si le test réalisé à Modave s’avère positif, "on prévoit de le développer plus largement à d’autres éoliennes du pays".