En 2050, une partie non négligeable du territoire flamand pourrait être inondée, d'après une étude réalisée par Climate Central, une organisation indépendante de scientifiques et journalistes spécialisés dans la question des changements climatiques.

Des chiffres qui donnent des sueurs froides, mais qui sont éloquents: d'ici 2050, 300 millions de personnes pourraient être menacées par la montée des océans. C'est ce qu'avance Climate Central, une organisation de recherche indépendante sur la question du climat, qui a publié une étude à ce sujet. En Belgique, les conséquences sont significatives, puisque l'ensemble de la côte belge serait impactée. Ce n'est pas tout, puisque la ville de Termonde pourrait être immergée, ainsi que certaines localités entourant les villes de Gand, de Malines et d'Anvers. En Europe, certaines parties des territoires britanniques et néerlandais ne sont pas non plus épargnées.

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Le phénomène devrait s'accentuer. L'étude prédit que 420 millions de personnes seront situées dans des zones inondées en 2100. Ces estimations remettent en cause de précédentes projections scientifiques et gouvernementales. Ces dernières planchaient sur une montée des océans impactant 80 millions d'habitants à la moitié du siècle.

Utilisant une forme d'intelligence artificielle, les chercheurs ont corrigé des données existantes concernant l'altitude des terres dans les zones côtières, qui pouvait être erronée, conduisant à largement sous-estimer l'étendue des zones touchées lors des marées hautes ou de fortes tempêtes.

On surestimait l'altitude des bords de mer

"Les projections de l'élévation du niveau des océans n'ont pas changé", explique à l'AFP Ben Strauss, co-auteur de l'étude et président-directeur de Climate Central, un institut de recherches aux Etats-Unis. "Mais lorsque nous utilisons nos nouvelles données concernant le relief, nous trouvons beaucoup plus de gens vivant dans des régions vulnérables que ce que nous estimions jusqu'à présent", poursuit-il. Les données gratuites fournies par la NASA, avec son programme SRTM qui a permis de cartographier 95% de la Terre, peuvent comporter une marge d'erreur.

Mais il y a environ cinq ans, Ben Strauss et Scott Kulp ont réalisé, en comparant ces éléments à des données plus fines, que le système SRTM surestimait systématiquement l'altitude des bords de mer, confondant des toits et des arbres avec le niveau du sol. "Pour la majorité des zones côtières à travers le globe, nous ne connaissions pas la hauteur du sol sous nos pieds", explique Ben Strauss.

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L'Asie, continent le plus exposé

La région la plus exposée est l'Asie, selon cette étude parue dans Nature Communications. Plus des deux-tiers des populations concernées se trouveront en Chine, au Bangladesh, en Inde, au Vietnam, en Indonésie et en Thaïlande.

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La population mondiale, estimée à 7,7 milliards d'individus aujourd'hui, pourrait s'accroître de deux milliards d'ici 2050 et d'un milliard supplémentaires d'ici la fin du siècle, dont une grande partie résidant dans des mégalopoles en bord de mer.

Actuellement, environ 100 millions de personnes habitent dans des zones situées sous le niveau de la mer, selon cette étude. Certains sont protégés par des digues, mais la plupart ne bénéficient d'aucune protection.

"Le changement climatique a le potentiel de remodeler des villes, des économies, des rivages et des régions entières du globe", souligne Scott Kulp, auteur principal de l'étude et scientifique chez Climate Central, soulevant la question de savoir "dans quelle mesure et combien de temps les protections côtières peuvent les préserver".