"Dans le domaine hautement stratégique qu’est l’énergie, l’acquisition par les citoyens de connaissances et de compétences traditionnellement accaparées par des grandes entreprises multinationales, démontre qu’une alternative économique démocratique est possible", déclarait jeudi, Fabrice Collignon, Chargé de mission pour REScoop Wallonie.

Le gouvernement wallon, par l'intermédiaire de ses ministres de l'Énergie et de l'Économie sociale, Philippe Henry (Ecolo) et Christie Morreale (PS), venait d'annoncer avoir débloqué une subvention de 200.000 euros sur trois ans pour renforcer le développement de coopératives citoyennes actives dans la production d'énergie verte, locale et renouvelable.

L'asbl REScoopW, qui rassemble 16 coopératives citoyennes, 12.000 coopérateurs et alimente plus de 16.000 ménages en énergies renouvelables, recevra ce subside pour développer les activités des coopératives existantes, créer de nouvelles coopératives et faire émerger des "communautés d'énergie citoyenne".

Le principe est de mutualiser des services et des outils pour réaliser des économies financières au niveau de REScooP, les bénéfices engrangés par ces opérations étant ensuite réinvestis dans la production d'énergie renouvelable.

Philippe Henry et Christie Morreale ont souligné le développement d'un "modèle économique alternatif qui propose directement aux citoyens d'investir sans trop dépenser, à travers des coopératives qui développent et produisent des énergies vertes à proximité de chez eux et pour eux." La Ministre en charge de l’Économie sociale a ajouté que "ce projet de soutien à REScoopW fait partie d’un maillage plus complet qui remplit la triple mission du gouvernement wallon ; répondre au défi climatique, développer des emplois durables et proposer un modèle économique alternatif, des produits financiers responsables et durables". L'objectif étant d'arriver à 100% d’énergies renouvelables à l’horizon 2050.

Fabrice Collignon rappelait tout de même que le chemin est encore long. "Les grands projets d’énergie verte restent aux mains des multinationales (la plupart étrangères) et les participations tant citoyennes que publiques (communes et intercommunales) dans la production d’énergie verte restent encore limitées à 3.8% et 6.2%".