Des couturiers amateurs et professionnels anticipent la pénurie de blouses opératoires

Inspire

Valentine Van Vyve

Publié le - Mis à jour le

Des couturiers amateurs et professionnels anticipent la pénurie de blouses opératoires
© Opéra Royal de Wallonie - Liège

Le CHU de Liège mobilise des couturiers de la région pour produire des blouses opératoires pour son personnel soignant.

Dans les ateliers de l’Opéra Royal de Wallonie, les machines à coudre ne sont pas restées longtemps inactives. Depuis quelques jours, les aiguilles se sont mises à repiquer dans le tissu. Pas n’importe lequel : celui, synthétique, permettant de confectionner des blouses opératoires à usage unique à l’intention du personnel soignant du CHU de Liège en contact direct avec le Covid-19. Car, à un rythme de 1000 unités utilisées quotidiennement, les stocks seront vides d’ici à la fin avril. "Notre fournisseur nous a avertis que la livraison prochaine risquait d’être compliquée", retrace Louis Maraite, directeur de la communication de la structure de soins.

Les logisticiens de l’hôpital liégeois et le chef de l’unité infirmier ont préféré prendre les devants et assurer eux-mêmes la logistique de production de leurs blouses. Ils ont démarché une couturière d’une maison locale pour établir un patron et un premier modèle de blouse testé et approuvé sur le terrain.

© Opéra Royal de Wallonie - Liège

Mobilisation citoyenne et responsabilité sociétale

Si le personnel soignant en utilise un millier par jour, le système mis en place permet de produire 1500 pièces quotidiennement. Ceci grâce au concours de presque 4000 couturières bénévoles ainsi que par la vingtaine de couturières professionnelles de l’Opéra Royal de Wallonie-Liège. "La mobilisation est Incroyable ! Les témoignages que nous recevons montrent que les citoyens veulent se sentir utiles et aider avec leurs moyens", commente Louis Maraite.

"Il en va aussi de notre responsabilité sociale, motive Stefano Mazzonis, le directeur général de l'ORW. En temps normal, notre mission est de partager la culture ; aujourd'hui, elle est de partager la vie sociale et la bataille contre le virus. Plutôt que de confectionner les costumes pour la saison à venir, nous préférons remplir notre devoir civique et mettre nos compétences pour produire des blouses opératoires. Nous avons conscience que nous participons à quelque chose d'important."

Si les professionnelles de l’ORW cousent une blouse en un quart d’heure (elles en fourniront 6000 en trois semaines environ alors qu'une équipe de trois personnes se charge de la découpe), chaque bénévole doit estimer, sur base d’une première réalisation, le nombre de blouses qu’il est capable de réaliser hebdomadairement. « Ils doivent ensuite aller chercher le matériel dans un point relais communal », précise Louis Maraite. C’est là aussi qu’ils déposeront le produit fini, ensuite collecté par les équipes du CHU de Liège et qui viendra gonfler les stocks, anticipant des jours moins fastes.

© Opéra Royal de Wallonie - Liège

Un secteur en pénurie

Car la pression se fait ressentir sur "un marché en pénurie". Dans ce contexte, il est de plus en plus compliqué de se fournir en matière textile. Sans matière, pas de blouse. Le défaut d’approvisionnement est donc la principale crainte. Pour le moment cependant, les machines de l’entreprise liégeoise Technique voile tournent à plein régime. Les ouvriers y découpent les six pièces de tissu nécessaires à la confection d’une blouse."Un atelier protégé de la région ( (le Val du Geer à Bassenge) pourrait aussi réaliser ces découpes", anticipe Louis Maraite.

Au rang des mobilisations, les élèves de la section "vélo" d’une école secondaire ont proposé d’assurer les livraisons. "Nous considérons ces options et tendons maintenant à professionnaliser la chaîne de production afin de ne pas être dépendant de l’énergie de quelques-uns", assure le porte-parole du CHU de Liège. D’autant plus que les demandes de soutien se sont fait entendre depuis l’étranger. Le Bénin, Haïti et l’Italie ont d’ores et déjà fait marque d’intérêt pour le système mis en place chez nous.

Vous avez une machine à coudre et souhaitez soutenir la chaîne de soins ? Envoyer un mail à couture@chuliege.be


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