Grâce aux tablettes distribuées, les patients des hôpitaux, maisons de repos et de soins psychiatriques peuvent maintenir le lien avec leurs proches malgré l'isolement.

Dans les unités Covid-19 des structures médicales, la primauté, ce sont les soins. Pour les patients, point de visite possible. Ceux-ci se retrouvent de facto isolés, sans contact physiques avec leur famille et contraints de traverser cette épreuve seuls, si ce n’est entourés des médecins, infirmiers, aides-soignants et psychologues, dont la tâche est d’abord et avant tout de les remettre sur pieds…

Certes, pour pallier l’absence de visite, les médecins appellent plus que d’accoutumée (tous les jours, dans certaines structures) les familles des patients. Ces derniers ont la permission d’utiliser leur smartphone ou tablette. Mais nombreux sont ceux qui n’en ont pas. C’est notamment le cas des personnes âgées. Face à cette situation, les familles sont elles aussi démunies et ne peuvent ni soutenir ce proche ni l’accompagner dans ses derniers moments de vie.

Ayant fait cet amère constat après que l’un d’eux l’ait vécu, la dizaine de jeunes de l’ASBL La route des défis ont mis leurs compétences au profit de projet citoyen « LinkUp », qui consiste à fournir des tablettes aux structures médicales (hôpitaux, maisons de repos, centres psychiatriques…) à l’attention des patients isolés qui ne possèdent ou ne maîtrisent pas ces outils numériques. « L’isolement peut altérer la santé mentale. Or, celle-ci est liée à la santé physique », motive Hélène Pochet, responsable communication de l’ASBL.

© Benjamin Rifon

Lien entre donateurs et bénéficiaires

Depuis plusieurs jours, les jeunes trentenaires de l’ASBL récoltent donc des tablettes données tant par des particuliers que des entreprises. Un premier stock de 100 unités a pu être constitué et déjà distribué à Bruxelles à l’hôpital Erasme, l’Institut Jules Bordet et au Centre hospitalier Titeca. « Après les avoir réceptionnées, les tablettes sont réinitialisées. Nous y installons des logiciels permettant la communication vidéo à distance et créons déjà des comptes d’utilisateurs », explique Hélène Pochet. Les programmes doivent avant tout être facile d’utilisation pour les destinataires finaux afin que le personnel soignant n’y passe pas un temps considérable. « Nous restons en soutien pour la technique, s’ils en ont besoin », précise-t-elle.

Après désinfection, ils sont livrés aux bénéficiaires. « La demande ne fait qu’augmenter : tant du côté des bénévoles - qui récoltent et livrent le matériel, notamment - que des structures de soins », ajoute la porte-parole. L’accueil du projet auprès du personnel médical a d’ailleurs été « étonnamment excellent. Ils ont dit que c’était une idée de génie !», rapporte Hélène Pochet. « On a senti un soulagement de leur côté. »

A l’institut Jules Bordet, on n’est en pleine distribution des vingt tablettes reçues le matin-même. Elles bénéficieront en priorité aux patients (Covid-19 ou non) qui ne disposent pas d’outils de communication adéquats.« Les psychologues accompagneront les personnes âgées dans cet exercice », commente M.Yung, responsable du helpdesk. « De toute évidence, pouvoir parler et voir leurs proches aura un impact positif sur ces personnes isolées et confinées. Pour certaines, cet outil leur donnera la possibilité de dire au revoir… »

Si vous souhaitez faire don d’une tablette, faites-vous connaître ici.

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