Après plusieurs mois de confinement, Natacha Brieven et Émilie Servais sont heureuses de se retrouver, enfin, dans le jardin brabançon de la seconde. Si les magasins ont rouvert, les ventes en ligne ont connu de belles heures. Une bonne nouvelle pour les conceptrices de Rock’n’brol Baby, leur projet de listes de naissance “zéro gaspi”.

À travers les nombreux posts de leurs pages Facebook et Instagram, on décèle un concept qui plaît : des objets de récup’ qui resserviront pour les nouveau-nés de demain, mais aussi des tapis de change nomades, des pochettes à langes, des bavoirs, des vide-poches, des tours de lit, etc. confectionnés en tissus de récup’ par la couturière de Rock’n’brol Baby. On y trouve également des cartes cadeaux pour un massage prénatal et bien d’autres choses encore… Toujours dans l’esprit d’associer l’utile à l’agréable et… au durable. Les amis et proches des futurs parents n’ont qu’à choisir en ligne, à l’instar des listes de naissance classiques, ce qu’ils offriront pour préparer l’arrivée du futur bébé dans la liste que les parents ont conçue avec Natacha et Émilie.

© Anne Lebessi

Rock’n’brol Baby connaît vos besoins et chine pour vous

Pour l’occasion, le premier couple ayant fait confiance à Rock’n’brol Baby va passer récupérer les affaires de son futur fils. Gwenaëlle Williot, enceinte de 7 mois et des poussières, son compagnon Nicolas Mary, et Marion, la fille de Gwenaëlle, arrivent à 14 heures, masqués comme il faut, crise du Covid-19 oblige. Le beau temps est de la partie et l’on se réunit au jardin. Entre un tipi d’enfant et un potager sous serre, Émilie et Natacha ont préalablement disposé autour d’une table, avec toutes les précautions nécessaires, les lots choisis par le couple. Une chaise adaptable pour bébé, un mobile, des livres, des layettes, un tapis de jeu… Gwenaëlle, la (future) maman, s’extasie sur le choix du mobile représentant un croissant de lune et des étoiles ainsi que sur celui des livres en tissu : “C’est super-mignon !”

En effet, même si les parents ont pu en théorie choisir exactement ce dont ils avaient besoin et envie pour leur futur nouveau-né, ils ont fait confiance à Rock’n’brol Baby pour certains choix esthétiques, en fonction de ce qui se trouverait sur le marché. “Natacha et Émilie se sont occupées du côté un peu contraignant de chiner les objets, raconte Gwenaëlle. On leur a fait entièrement confiance puisqu’elles connaissaient nos goûts et nos envies.” Il y a deux mois, Émilie s’était, à cet effet, rendue chez le jeune couple afin de discuter de ses besoins et de ses envies, de ses moyens de transport, de son mode de vie.

© Anne Lebessi

Exit le superflu, bonjour la récup'

Natacha et Émilie sont jeunes mamans et passionnées du sujet. Elles chinent, s’intéressent à la qualité et à la praticité des objets, dispensent de nombreux conseils. “Ma première fille à 7 ans. Il y a des choses qui existent maintenant qui n’étaient pas commercialisées ou autant utilisées à l’époque”, concède Gwenaëlle, que ses client.e.s. mettent aussi à la page.

Avant l’arrivée de son propre enfant, Natacha s’était rendu compte que beaucoup de choses qu’on lui conseillait dans les magasins n’étaient pas forcément utiles. Chauffe-biberon et égouttoir à tétines ont fini par prendre la poussière… C’est lorsque la mère de Natacha a commencé à garder son petit-fils chez elle, que l’entrepreneuse s’est intéressée à la récup, pour ne pas devoir racheter chaise et lit en double au prix plein. “Je me suis rendu compte qu’il y avait vraiment plein d’objets en super état”, commente-t-elle. De son côté, Émilie a directement “fonctionné en seconde main. J’ai trouvé ça super de pouvoir dénicher des objets à l’état neuf et à super-bon prix.” L’activité lui ayant plu, elle a voulu poursuivre pour d’autres. “Ça m’amuse toujours autant”, ajoute l’assistante sociale, qui travaille par ailleurs dans le secteur de la petite enfance. En matière de valeurs, Rock’n’brol Baby se veut “une alternative à la surconsommation liée à la puériculture”.

© Anne Lebessi

Aujourd’hui, Émilie et Natacha font cadeau à Gwenaëlle et Nicolas d’une veilleuse bleue en forme d’ourson. “Pour allaiter la nuit à l’hôpital, après l’accouchement, et ainsi ne pas devoir allumer les néons de la chambre, qui émettent une lumière un peu crue…”, précise Émilie. Gwenaëlle et Nicolas sont ravis de cette attention. “Il n’y a plus qu’à préparer la valise pour la maternité et on est bons !”, s’enthousiasme Gwenaëlle, tandis que Nicolas charge le matelas, la chaise et le reste des affaires de son fils dans le coffre de la voiture.

Une plateforme liégeoise

Natacha Brieven et Émilie Servais, les cofondatrices de Rock’n’brol Baby, ont choisi Oliste pour héberger leurs listes de naissance, une plateforme belge de listes de mariage et de naissance. Créé par Fabian, un papa liégeois, et pensé sans pub, l’hébergeur de listes ne prend pas de pourcentage sur les cadeaux, mais un seul paiement, très réduit pour les clients de Rock’n’brol (moins de 20 euros), grâce auquel les utilisateurs pourront créer des listes à vie. Pour choisir leur cadeau aux futurs parents, les proches de Gwenaëlle et Nicolas auront l’occasion de découvrir chaque objet pris en photo et mis en vitrine sur le site. “On prend une photo pour chaque objet plutôt que d’utiliser des photos génériques. Tout est personnalisé, pour chaque liste”, montre Natacha Brieven.

© Anne Lebessi

Et question prix, demande-t-on, une liste de naissance de récup revient-elle finalement moins cher qu’une liste traditionnelle ? “Le moins cher serait de chiner soi-même, sourit Natacha. Rock’n’brol Baby propose tout un service de conseil en fonction des besoins des futurs parents, de leur mode de vie. On vérifie l’état des objets, on les nettoie, et on propose aussi une garantie. Donc Rock’n’brol Baby est moins cher que du neuf, même si un petit peu plus cher que de chiner soi-même…”. “Quand elles nous ont envoyé le devis complet, c’était moins cher que ce à quoi on s’attendait”, s’était enthousiasmée Gwenaëlle, un peu plus tôt.

Leurs tâches finies, Natacha et Émilie se séparent. Elles ne se reverront peut-être pas de sitôt. “On essaie au maximum de ne pas faire de trajets inutiles, explique Natacha. Pour Rock’n’brol, on récup le plus possible par lots, pour ne pas augmenter notre empreinte carbone, cela n’aurait pas de sens, sinon…”