Cinq jours pour prendre conscience d’enjeux sociétaux. Cinq jours rythmés par des actions simples. A la clé, un engagement solidaire dont l’impact est réel. C’est ce que propose le programme Ré-action.

Comment apporter un soutien à ceux qui en ont le plus besoin ? Cette question, nous sommes nombreux à nous la poser durant cette période de crise. Comme d’autres avant elle, elle a été et reste mobilisatrice. « On constate que les gens veulent aider et se rendre utiles mais ne savent pas comment faire. Il y a trop d’infos, trop de flou », commente Aline Buysschaert. Avec Caroline Guyot, elles ont développé la version belge du programme « Ré-action », proposé par Makesense ; « une feuille de route, un tremplin pour passer à l’action », résument les coordinatrices.

A la faveur de la crise et du confinement, « le temps s’est arrêté », commente Aline Buysschaert. Un temps libéré que d’aucuns ont souhaité consacrer aux autres. « Cela a permis de s’engager dans des projets de société essentiels », observe-t-elle. La crise a d’ailleurs été l’élément déclencheur du programme Ré-action. Pour rencontrer l’appétence des citoyens belges, Aline Buysschaert et Caroline Guyot, toutes deux actives dans l’entrepreneuriat social, ont donc lancé ces groupes de bénévoles s’appuyant sur les outils digitaux.

La force du groupe

Le programme Ré-action permet à des groupes d’une dizaine de personnes de « se mettre en mouvement rapidement pour aider les personnes fragilisées par la crise du Covid-19 ». Ainsi, le bénévole choisit le programme dans lequel il veut s’engager. Comment soutenir les personnes sans abri dans nos villes ? Comment maintenir du lien avec les seniors isolés, chez eux ou dans les maisons de repos ? Comment soutenir les agriculteurs locaux ? Comment réduire son empreinte carbone ? Voilà autant de questions qui jettent les bases des quatre terrains d’action proposés.

« Le soir du premier jour, nous réunissons en visioconférence le groupe qui s’est formé. Nous les formons sur les enjeux liés à la thématique. Ils apprennent et comprennent les besoins du secteur en question », détaille Aline Buyssachaert. Dès le lendemain, place à l’action ! Chaque participant reçoit un e-mail (ce sera le cas tous les matins de la semaine) avec les défis à relever durant la journée. Ces actions sont « construites pour que chacun s’y retrouve, en fonction du temps dont il dispose », précise Caroline Guyot. « On leur propose d’aller de plus en plus loin : découvrir les enjeux d’abord, agir ensuite puis mobiliser sa communauté, voire davantage. » 

Ces actions ont par ailleurs été pensées avec et au profit d’associations partenaires pour répondre aux besoins de terrain. Les bénévoles s’attachent par exemple à collecter des kits d’hygiène en mobilisant leurs voisins et les pharmacies au profit des sans-abri, leur distribuent des repas ; ils soutiennent l’agriculture locale et/ou bio en favorisant, par leurs comportements d’achat, des réseaux de production et de distribution ; ils maintiennent ou créent du lien avec les seniors isolés par des échanges épistolaires ou téléphoniques…

Vers une transition de nos sociétés

Chaque soir, une mosaïque de visages apparaît sur les écrans. Ces réunions en visioconférence encadrées par un « facilitateur » donnent l’occasion aux bénévoles d’une même « promo » d’échanger sur les défis de la journée. « L’équipe crée un effet de soutien. On voit une émulation collective », commente Aline Buyssachaert. Si bien qu’au bout de la semaine, le bénévole peut être formé pour devenir lui-même facilitateur et ainsi créer « un effet boule de neige de solidarité ».

La semaine Ré-action se veut être une impulsion. « Nous visons à ce que les participants intègrent ces réflexes dans leur quotidien, à ce qu’ils prennent conscience de leur capacité à faire et à innover, qu’ils peuvent avoir un impact à leur échelle. »

Le défi est maintenant de proposer une formule qui s’intègre à un quotidien qui reprend progressivement ses droits. Car les problématiques sociale et environnementales mises en exergue par la crise « existaient avant elle et se poursuivront après ». D’où la nécessité de s’inscrire dans un temps long. « On sème des graines… », ponctue Aline Buysschaert. Ces graines poussent sous tous les continents puisque le programme, initié en France, a germé dans de nombreux pays du globe.