5 grammes de plastique par semaine seraient ingérés par l'être humain.

Pouvez-vous imaginer avaler une carte de crédit? Même si cela semble surprenant, il s'agirait bien d'une réalité, loin d'être anecdotique. En effet, selon une nouvelle étude du WWF, l'être humain ingérerait 2.000 particules de microplastiques (environ 5 grammes), soit l'équivalent d'une carte de crédit... par semaine.

L'étude "Pas de plastiques dans la nature: évaluation de l'ingestion de plastique de la Nature à l'Homme", réalisée par l'Université de Newcastle, combine plus de 50 travaux sur le sujet. "Elle fournit pour la première fois un calcul précis sur les taux d'ingestion plastique, explique le Dr Thava Palanisami, chercheur co-responsable du projet. Elle nous aidera à déterminer les risques toxicologiques potentiels pour l'homme à l'avenir".

Les résultats interpellant de l'étude viennent ajouter de l'eau au moulin du front formé il y a quelque temps déjà contre les déchets plastiques. "Cela doit servir de sonnette d'alarme aux gouvernements. Les plastiques polluent non seulement nos océans et nos voies navigables, mais aussi la vie marine et l’organisme humain, déclare Jessica Nibelle, porte-parole du WWF.

Vers un traité mondial?

Mais comment ce plastique fait-il pour se faufiler dans notre organisme? Toujours selon l'étude, l'eau en bouteille et du robinet jouerait un grand rôle dans cette ingestion. Mais il ne s'agit pas d'une source unique. Ainsi, les crustacés, la bière et le sel présentent également un taux de plastiques important.

"Une action mondiale est urgente et essentielle pour faire face à cette crise", appelle Jessica Nibelle. Une pétition a d'ailleurs été lancée pour réclamer un traité juridiquement contraignant sur la pollution par les plastiques d'origine marine. Cette dernière a déjà recueilli quelque 660.000 signatures. 

WWF mène une lutte sans merci contre les déchets plastiques qui viennent polluer notre planète. Cette pollution constitue une menace majeure pour la faune et aurait des conséquences économiques néfastes puisqu'elle coûterait quelque 8 milliards de dollars par an. 

Un récent rapport de l'association a montré que la France était le pays du pourtour méditerranéen qui produisait le plus de déchets plastiques. Plus de 10.000 tonnes de ces résidus atterrissent dans cette mer semi-fermée.