A la surprise des autres formations politiques, les groupes PPE (droite et centre-droit) et ALDE (libéraux) se sont alliés hier, en commission de l'Agriculture du Parlement européen où l'on discutait des énergies renouvelables, pour réintroduire la possibilité d'utiliser de l'huile de palme comme agrocarburant. Ces deux groupes forment une courte majorité au Parlement.

Pourtant, le Parlement européen avait voté en avril l'arrêt de la production d'huile de palme comme carburant. En cause : une toxicité trois fois supérieure à celle des carburants fossiles.

"C'est hallucinant et un très mauvais signal !", déclare l'eurodéputé socialiste Marc Tarabella, membre de la commission Agriculture. "Le PPE et l'ALDE refont non seulement la promotion de l'huile de palme pour permettre aux grosses multinationales de continuer à en produire comme agrocarburant mais ils ont introduit une nouvelle notion, celle de l'agrocarburant hautement durable, qui émet 65% d'émissions de moins que les carburants fossiles. Elle a l'air prometteuse mais ne l'est pas du tout. Le PPE et l'ALDE ont en effet fait retirer de cette notion tous les autres critères de durabilité comme la déforestation, la protection de la biodiversité ou l'assèchement des nappes phréatiques", indique l'eurodéputé.

Le Parlement européen votera cet hiver la proposition du PPE et de l'ALDE. Les débats s'annoncent tendus, précise Marc Tarabella.

La culture de palmiers à huile est régulièrement pointée du doigt pour son impact négatif sur l'environnement. L'Union européenne était une grosse consommatrice d'huile de palme comme agrocarburant, avec près de la moitié des importations qui finissait dans les réservoirs des véhicules.