L'Union européenne prend sa "juste part" dans les efforts de lutte contre le réchauffement du globe, a déclaré mercredi la commissaire européenne Connie Hedegaard, alors qu'à la conférence de l'ONU sur le climat à Doha, les pays du Sud les jugent insuffisants.

"L'Europe prend sa juste part", a déclaré Mme Hedegaard lors d'une conférence de presse à Bruxelles, diffusée sur internet. "Personne d'autre n'est aussi près de réduire de 18% ses émissions par rapport à 1990".

"Nous ne nous reposons pas sur nos lauriers. En dépit des difficultés économiques, nous essayons d'avancer et de rester en première ligne", a-t-elle ajouté.

L'UE s'est fixé comme objectif de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 20% par rapport à 1990 d'ici 2020.

Elle entend inscrire cet engagement pour une seconde phase du protocole de Kyoto dès janvier 2013, dont elle sera l'acteur central après le désistement du Canada, Japon, ou encore la Russie.

Les Etats-Unis n'ont jamais ratifié ce traité n'engageant que les pays industrialisés.

A Doha, les pays en développement et les grands émergents ont appelé les pays du Nord à relever leurs objectifs, au nom de leur "responsabilité historique" dans le dérèglement climatique.

La commissaire européenne pour le climat a lancé un appel à "tous" et notamment "les autres grandes économies".

"Nous n'avons pas besoin de plus de rapports alarmistes, de plus d'évènements climatiques extrêmes, nous savons tous que le changement climatique est là, que ça coûte très cher, que nous devons tous en faire plus", a-t-elle lancé. Un accord global, incluant cette fois les grands pollueurs que sont la Chine et les Etats-Unis, est prévu en 2015 pour entrer en vigueur en 2020.

"Nous devrions commencer dès maintenant à Doha les discussions sur sa forme légale, sur les différents éléments qui composeront cet accord afin que d'ici 2013, nous sachions exactement sur quoi il faut progresser", a-t-elle dit.

Mme Hedegaard a par ailleurs annoncé "une table ronde ministérielle" le 5 décembre à Doha afin d'examiner les moyens de réduire encore les émissions de GES d'ici 2020. "Beaucoup de choses peuvent être faites sur le court terme", a-t-elle dit, citant de possibles mesures sur les HFC, puissants GES qui ont remplacé dans les années 90 les CFC qui endommageaient la couche d'ozone.