Charles Michel a confirmé ce lundi matin que la Belgique n'avait toujours pas d'accord sur la répartition de l'effort climatique alors que le sommet sur le climat s'ouvre au même moment à Paris. "Ces derniers jours, y compris les dernières heures, nous avons beaucoup progressé dans la répartition des efforts entre nous, à l’intérieur du pays, et j’espère que dans les heures qui viennent, les derniers arbitrages puissent donner lieu à de bonnes nouvelles", a souligné le Premier ministre sur Bel RTL.

Il explique ces difficultés à trouver un accord entre niveaux de pouvoir en Belgique de la sorte : "C’est un dossier qui est complexe techniquement, d’une part (...) Et parce qu’il faut trouver l’équilibre entre le développement économique, la capacité à créer des emplois, et d’autre part faire cette action dans le respect de l’environnement".

Charles Michel est-il gêné par cette situation, alors qu'il est attendu - tout comme plus de 180 chefs d'Etat - ce lundi matin par François Hollande ? "Je ne suis pas gêné parce que nous avons des engagements très clairs sur le plan international, que nous avons pris sur la question du renouvelable et sur la réduction des gaz à effet de serre. Les Belges, comme les Européens, sont parmi les plus ambitieux dans le monde et je défends cette position-là".

"Difficile pour la crédibilité de la Belgique"

Le climatologue belge Jean-Pascal Van Ypersele se montre évidemment critique face à cette situation. "Alors que l'humanité est confrontée à un problème tout à fait majeur (...) qu'on se demande quel climat on va laisser à nos enfants et petits-enfants, qu'on se dispute c'est assez triste", a déclaré l'ex-vice-président du Giec sur les ondes de La Première.

"Heureusement que la Belgique est membre de l'Union européenne et que les autres membres ne sont pas trop conscients de ce qu'il se passe en Belgique. C'est vrai que c'est difficile du point de vue de la crédibilité de la Belgique, certainement", a-t-il poursuivi.

Des ministres belges incapables de s'entendre

Dans ce dossier de "burden sharing", les quatre ministres en charge de l'Environnement (Marghem pour le fédéral, Schauvliege pour la Flandre, Fremault pour Bruxelles et Furlan pour la Wallonie) ont négocié ce dimanche mais sans parvenir à un consensus. En soirée, le cabinet de la ministre fédérale Marie-Christine Marghem soulignait que les différents gouvernements devaient encore être consultés. 

Lors du précédent round de négociations, la N-VA avait rejeté une première proposition avancée par les quatre ministres, dont la ministre flamande Joke Schauvliege (CD&V). La Flandre exigeait notamment de recevoir 56% des revenus de mise aux enchères des quotas de CO2, mais l'accord ne lui en attribuait que 50%. La N-VA s'insurgeait aussi de la baisse de la part d'énergie renouvelable que doit atteindre la Wallonie en 2020, qui passait de 12,5% à 11,5%.

Charles Michel a cependant affirmé que la N-VA n'était pas responsable des blocages. "Ce n’est pas juste. Certains ont voulu faire croire ça mais c’est faux. Le préaccord a été refusé parce qu’il y avait des erreurs sur le plan technique."