Début 2008, la Commission avait calculé que l'objectif actuel (20 pc de réduction des gaz à effet de serre pour 2020 par rapport à leur niveau de 1990) coûterait quelque 70 milliards d'euros par an d'ici 2020. Or, la crise économique a entraîné une croissance plus faible, accompagnée d'une réduction des émissions, d'efforts accrus en termes d'efficacité énergétique (du fait du coût plus élevé de l'énergie), alors que le prix du carbone a baissé.

Les prévisions sont donc désormais revues à la baisse. Ainsi, l'objectif des 20 pc coûterait 48 milliards d'euros par an, soit environ 30 pc de moins que les prévisions de 2008. Le coût de l'objectif des 30 pc, lui, est aujourd'hui estimé à 81 milliards.

La politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre sera discutée par les ministres de l'Environnement de l'Union le 11 juin prochain. La Commission conditionne toujours un éventuel passage de 20 à 30 pc à l'adoption d'objectifs similaires par les autres puissances économiques de la planète. Actuellement, les circonstances ne permettent pas l'adoption de l'objectif des 30 pc, a toutefois reconnu la commissaire européenne Connie Hedegaard.

Cette dernière, qui est personnellement favorable à une réduction de 30 pc, reconnaît que, "de toute évidence, la priorité politique immédiate est de gérer la crise de l'euro". La décision sur un effort accru de réduction des émissions de gaz à effet de serre "n'est donc pas pour tout de suite", a-t-elle ajouté.

Un document de travail et un projet de conclusion qui avaient fui dans la presse ces dernières 48 heures avaient nourri l'interprétation selon laquelle la Commission s'apprêtait à prôner une augmentation unilatérale de l'effort de réduction des émissions.

La France et l'Allemagne étaient montées au créneau mardi pour rappeler à la Commission les conditions de l'offre de l'Union européenne. A l'opposé, le nouveau gouvernement britannique a d'ores et déjà pris position pour l'objectif des 30%.