L’économiste Etienne de Callataÿ a participé au raid de 2014. Son entreprise est aussi un des soutiens de Mékong Plus.

Etienne de Callataÿ fait partie des quelque 200 cyclistes à avoir participé à l’une des étapes du Raid Bruxelles-Saïgon au profit de l’ONG Mékong Plus. L’économiste est parti en vélo, en octobre 2014, sur les routes du Vietnam et du Cambodge, en compagnie d’un de ses collègues de la banque Degroof qui est aussi un des soutiens financiers réguliers de l’ONG Mékong Plus.

Quel est votre souvenir marquant de ce périple ?

Pour moi, le caractère tout à fait différenciant de ce voyage, c’était de pouvoir découvrir ces projets sur le terrain, en compagnie de Bernard Kervyn. C’est la figure centrale de l’association et quelqu’un qui a une réflexion sur les questions de développement depuis plus de 20 ans.

Quel est votre regard sur l’action de l’ONG ?

Je ne suis pas expert en développement. Mais à mon sens, l’approche de Mékong Plus est originale en ce sens qu’elle garantit que l’on réponde aux besoins de la collectivité locale. Elle favorise l’émergence de la prise de décision au niveau d’un village quant à la préférence à donner : un investissement routier, un aménagement dans une école… Il faut avoir du répondant, et ce n’est seulement le chef du village qui va répondre. Et tout le monde va mettre la main à la pâte, en cofinançant le projet. C’est le petit bémol peut-être : quitte à donner un sentiment de dispersion. Dans un premier village, ce sera de l’adduction d’eau, dans un deuxième, des ordinateurs à l’école… Cela donne une impression d’une forme de dispersion, mais parce qu’on part toujours du besoin de la population.

L’ONG est fortement active dans le microcrédit… C’est justement suppléer le boulot des banques, non ?

Non, dans le cas d’espèce, le microcrédit ne vient pas suppléer l’activité bancaire, mais un vide du crédit, ou une activité usurière, avec des taux exorbitants qui créent un engrenage d’endettement sur des générations. Nous, à la banque Degroof, on a une sympathie particulière pour le microcrédit. Cela met la finance sous un jour plus nuancé que ce que la crise financière a exposé et montre que la finance, si elle peut être source de grands maux, peut aussi être source d’avancement humain.

Pourquoi est-ce qu’une banque telle que la vôtre s’implique auprès d’une ONG comme Mékong Plus ou fait de la philanthropie au sens large ? C’est une question d’image ?

La banque soutient les collaborateurs qui s’engagent, elle encourage ses membres à s’impliquer sur le terrain. Elle soutient aussi financièrement des projets de Mékong Plus de façon ponctuelle, comme par exemple le financement de l’étape du personnel de Mékong Plus au Vietnam. On a aussi une Fondation dans tout à fait d’autres domaines. Je pense qu’il y a effectivement un retour positif en terme d’image pour la banque. Mais il serait erroné d’y voir un calcul et de dire qu’elle ne le fait que pour cela. Si c’était le cas, la banque ferait moins de publicité sous forme "classique" et subventionnerait davantage d’opérations de ce type. Or, ce n’est pas le cas. L’investissement philanthropique n’est pas le substitut pernicieux, vicieux, caché, de la pub ! Vraisemblablement qu’il y a un effet de retour positif pour l’image à l’extérieur, et pour la culture d’entreprise en interne. Mais je crois aussi que ça participe de l’idée qu’on est un acteur dans la société civile, et qu’une entreprise doit s’inscrire dans son environnement et dans sa communauté. Et cette communauté est à la fois locale et mondiale. Cela peut sembler naïf, mais une entreprise se doit de prendre en considération autre chose que le pur aspect de la rentabilité immédiate. So. De.