L'explorateur Alain Hubert défend son projet, "une fierté pour la Belgique". Il annonce que les Suisses pourraient devenir partenaires de la station Princesse Elisabeth.

Que pensez-vous de l’irruption de l’institut polaire français Paul-Emile Victor, qui a été raccroché au projet belge ? Une menace pour la Fondation polaire à terme ?

L’institut Paul-Emile Victor n’a pas été "raccroché" au projet. M. Mettens est allé signer une convention avec l’institut français pour des échanges d’informations. Ce n’est rien ça, c’est "l’affaire Mettens", ça… Il veut le pouvoir.

L’Etat veut réduire sa participation financière au coût de la station, le privé devra-t-il payer plus alors ?

C’est toute l’idée de l’internationalisation de la station. La base attire des candidats. Une négociation va s’engager via le ministère des Affaires étrangères avec la Suisse dans les deux prochaines années. Il y a eu une demande officielle réciproque. La Suisse veut être active en Antarctique et la Fondation polaire travaille avec les Suissses depuis des années. Les autorités suisses pourraient devenir partenaires de la station belge et y investir. Il y aura aussi peut-être des investisseurs privés suisses. De manière plus générale, il y a des possibilités d’augmenter la part du privé dans le futur, c’est tout ça qui est sur la table et c’est formidable. Pour concrétiser tout cela, à l’avenir, il est nécessaire de changer la structure de gestion de la base Princesse Elisabeth.

D’autres pays que la Suisse pourraient-ils s’associer à la station polaire belge ?

Non, il faut rester pratique. Si les négociations futures avec la Suisse se concrétisent, on aura un partenariat qui tiendra la route.

Puisque le modèle belge coûte moins cher, allez-vous l’exporter auprès des autres pays présents en Antarctique ?

Notre modèle suscite en effet l’intérêt des autres pays. Lors des inspections à la station organisées par les instituts polaires étrangers et des autorités publiques étrangères, tous ont interrogé notre modèle de gestion public-privé. A côté de la science, il y a le modèle économique qui est aussi très très important. Et qui est très loin d’être compris par tous et exploité au niveau belge. Mais, à l’étranger, on en parle. C’est un exemple. Aucune autre station en Antarctique ne fonctionne comme la nôtre. Des audits l’ont démontré : on a la base qui coûte le moins cher de tout l’Antarctique. La Belgique, petit pays, peut être fier de ce projet grandiose…