La vie est une maladie mortelle; chacun se retrouve un jour ou l’autre confronté à la perte d’un proche. La mort d’un parent, d’un ami, d’un frère ou d’un enfant et le deuil qui s’en suit sont des événements marquants dans les parcours des familles qui se retrouvent au cimetière.

Un projet de décret relatif aux funérailles et aux sépultures, déposé par la ministre wallonne des Pouvoirs locaux, Valérie De Bue (MR), a été voté mercredi par le Parlement wallon. Les nouvelles dispositions visent à améliorer la bonne gestion des cimetières, mais aussi les conditions de travail des fossoyeurs. “Le recueillement étant indispensable au deuil, c’est une évidente obligation.” Les communes doivent rendre ce service à leurs habitants de façon optimale, dit la ministre.

1. Les indigents seront inhumés en zone non-concédée

Si des personnes nécessiteuses n’ont aucune place attribuée dans une concession préexistante, elles seront inhumées en zone non-concédée du cimetière. Les indigents, comme tous les autres citoyens, méritent une inhumation respectueuse et humaine, insiste Valérie De Bue.

2. Des “parcelles des étoiles” dédiées aux enfants jusqu’à 12 ans

Les “parcelles des étoiles” sont des espaces réservés aux foetus nés sans vie et aux enfants. Le texte précise qu’ils doivent contenir des emplacements non-concédés pour les enfants jusqu’à 12 ans.

3. Les cultes non-reconnus auront aussi leur place au cimetière

Il existe déjà des parcelles permettant le respect des rites de funérailles et de sépultures des cultes et des organisations philosophiques non confessionnelles. Elles ont été élargies aux cultes non-reconnus, pour permettre à chaque famille de faire son deuil comme elle le souhaite.

4. Un délai sanitaire pour les exhumations

Le décret instaure une distinction entre les exhumations techniques (au terme de la désaffection de la sépulture), à l’initiative du gestionnaire public, et celles dites “de confort” qui visent à conférer au cercueil un nouveau mode ou lieu de sépulture, sur demande de la famille. Ces dernières devront désormais être réalisées par des entreprises privées.

Les exhumations seront interdites dans un délai sanitaire de 8 semaines à 5 ans suivant l’inhumation. Cette mesure vise à protéger le métier de fossoyeur. Au cours de ce délai, le processus de décomposition rend toute manipulation insalubre.

Dans tous les cas, les exhumations devront être réalisées entre le 15 novembre et le 15 avril, pour éviter les périodes de forte chaleur et de Toussaint.

5. La question des linceuls et l’humusation, ce sera pour plus tard...

La question des linceuls (pour les rites musulman et israélite), qui ne bénéficient d’aucune base légale en Wallonie, n’est pas abordée dans le décret. S’il n’y a pas d’objection de principe, la ministre estime qu’il faut prendre le temps d’examiner les implications d’une autorisation, notamment par rapport au transport des défunts. Elle a proposé la mise en place d’un groupe de travail parlementaire. La réflexion sur l’humusation (le corps se décompose dans un compost) a elle déjà été entamée, vu la demande des citoyens. Là aussi, il y a une série d’obstacles à lever.