De passage à Bruxelles, la directrice exécutive du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), Joyce Msuya, s'est dite très impressionnée par la mobilisation en faveur du climat en Belgique. "C'est incroyable de voir autant de gens descendre dans la rue pour réclamer des mesures fortes contre le réchauffement climatique", a-t-elle affirmé mercredi. Mme Msuya a atterri dimanche à Bruxelles, alors que 70.000 personnes défilaient dans les rues de la capitale pour exiger des dirigeants belges et européens des politiques ambitieuses face à l'urgence climatique.

Trois jours plus tôt, 35.000 élèves avaient également manifesté dans le cadre des "grèves scolaires" pour le climat.

"Je suis subjuguée par l'engagement de ces jeunes et la façon dont ils s'organisent. Ce n'est pas un phénomène courant. Leur mobilisation a été relayée à travers le monde entier sur les réseaux sociaux", a indiqué la directrice exécutive du PNUE, qui se dit "optimiste" quant à la traduction de cet élan en "action politique".

Pour elle, les citoyens peuvent faire la différence. "Plusieurs pays ont restreint l'utilisation des emballages en plastique, par exemple. Cela n'aurait pas été possible en l'absence de protestation et sans l'appui des citoyens, dont l'engagement est nécessaire pour changer les comportements".

En visite de trois jours à Bruxelles, Mme Msuya s'est entretenue mardi avec le Commissaire européen en charge de l'Environnement, Karmenu Vella. "L'Union européenne fait déjà beaucoup pour lutter contre le réchauffement climatique, mais il faut faire plus", a-t-elle poursuivi.

Alors que l'UE s'est accordée pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 40% d'ici 2030 par rapport à 1990, une large coalition d'Etats membres - dont ne fait pas partie la Belgique - plaide pour relever les ambitions et accélérer le tempo dans la lutte contre le réchauffement climatique.

"Il y a urgence à agir, d'autant plus que le sentiment d'impatience est grandissant au sein de la population", a encore estimé Mme Msuya, selon qui "la transition requiert de la volonté politique".