Les tests de sécurité qui doivent être menés sur les centrales nucléaires européennes porteront exclusivement sur des scénarios de catastrophes naturelles, affirme le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung à paraître mercredi.

La commission européenne met actuellement sur pied les critères de ces tests de résistance à "des scénarios extrêmes", qui ont été voulus au niveau européen après la catastrophe survenue dans la centrale japonaise de Fukushima en mars.

Les ministres européens de l'Environnement étaient réunis mardi à Gödöllö (Hongrie), pour débattre d'une proposition faite par la Fédération des autorités de surveillance du nucléaire d'Europe de l'Ouest, précise encore le quotidien de Munich.

Et selon le journal bavarois, qui cite des sources proches du commissaire européen à l'Energie, l'Allemand Günther Oettinger, les scénarios impliquant la chute d'un avion ou des erreurs de manipulation humaines ont été exclues.

Seules les conséquences de tremblements de terre, d'inondations ou de variations de températures violentes seront examinées. Les 27 chefs d'Etat et de gouvernement européens s'étaient pourtant mis d'accord en mars dernier, lors d'un sommet, pour que toutes ces hypothèses fassent partie des tests que doivent subir les 146 réacteurs en activité dans l'UE.

Les pays, qui le souhaitent pourront mener des tests plus exigeants, a-t-on ajouté dans l'entourage de M. Oettinger, écrit encore le quotidien. Les autorités de surveillance européennes suggèrent même que les exploitants des réacteurs se contentent d'un rapport écrit à la Commission européenne, sans que des experts indépendants européens ne soient dépêchés sur les sites proprement dits.

Selon le Süddeutsche Zeitung, citant une source à la Commission européenne, la France et la Grande-Bretagne, les deux pays disposant du plus vaste parc nucléaire dans l'UE, mèneraient la bataille en faveur de l'assouplissement des critères de ces tests.

Paris avait d'ailleurs annoncé la volonté de mener son propre audit, parallèlement aux tests de l'UE. Le projet définitif doit être présenté le 12 mai à Bruxelles. Les résultats des tests devaient être publiés avant la fin de l'année.