Les éleveurs bovins wallons, avec l'aide du ministre Di Antonio, ont décidé de combattre les clichés sur la viande rouge.

Voici les 3 principaux:


1. Mauvaise pour la santé.

Ce qui énerve les éleveurs bovins wallons, c’est le récent avis du Conseil supérieur de la santé qui conseille aux Belges de diminuer leur consommation de viande rouge, pour prévenir le cancer colorectal. Cinq cents voir trois cents grammes par semaine seraient recommandés. Mais pour le Dr Bouquiau, de la Fondation contre le cancer, il ne faut pas supprimer la viande rouge. "C’est un aliment qui a un intérêt pour la santé, et qui possède des propriétés nutritionnelles très intéressantes , réagissait-elle alors dans "La Libre". C’est une bonne source de protéines, de vitamine B12, de zinc - un oligo-élément précieux dont les personnes âgées sont souvent carencées -, ou encore de fer. Si la viande avec modération reste un aliment intéressant, en revanche, la charcuterie, souvent grasse et salée, ne présente pas d’intérêt." Pour la viande, "ce qui pose problème, c’est la place que nous lui avons accordée dans nos assiettes". Il faudrait plutôt la penser comme un accompagnement de légumes ou patates.

2. Le lourd "coût" environnemental.

Oxfam, qui soutient les "Jeudis végétariens" et encourage à consommer moins de viande, admet qu’il faut nuancer le message : "On n’est pas antiviande et on soutient l’agriculture paysanne." Pour Corentin Dayez, "il y a un amalgame dont nos producteurs locaux souffrent : l’essentiel de la viande consommée ici vient d’ailleurs. Le transport a un impact environnemental, de même que la nourriture du bétail là-bas, souvent du soja, à l’origine de la déforestation au Brésil. Et on prive aussi la population du Sud de calories précieuses, pour nous nourrir. " En outre, "la viande wallonne, de qualité, nourrie de fourrage local, avec un recours modéré aux médicaments, fait face à une concurrence à bas prix, produite ailleurs dans des conditions sauvages. En outre, les producteurs wallons participent à l’équilibre biologique, par exemple, pour les paysages".

3. Bourrée d’hormones et de médocs.

La législation belge interdit les hormones, et quant aux médicaments dont les antibiotiques, certains sont prohibés, d’autres voient leur taux de résidu dans la viande limité. Des contrôles à l’improviste ont lieu dans les exploitations, où l’on contrôle les stocks de médicaments, s’ils sont bien utilisés lors de maladie et non à titre préventif… Ils doivent être prescrits par un vétérinaire. A l’abattoir, tout poids inhabituel est signalé. "Nous réalisons des milliers de contrôles par an dans les fermes et il y a très peu d’infractions (97-98 % de résultats conformes). Mais cela reste dans l’imaginaire des gens , constate-t-on à l’AFSCA. Nous demandons beaucoup aux agriculteurs, mais ils répondent présents." Sont aussi contrôlés l’hygiène, le bien-être, la traçabilité…