Lancé la semaine dernière via la LaLibre.be,notre appel à témoignages a suscité de multiples réactions. Ils expliquent quelles sont leurs pratiques. En voici une synthèse non exhaustive alors que les étudiants de nombreux établissements scolaires mènent leur quatrième action de “grève climatique” ce jeudi.

1. Moins de viande

La réduction de la consommation de viande fait partie des changements de mode de vie les plus souvent cités par les répondants. Qu’il s’agisse simplement de diminuer la fréquence de cette consommation ou d’opter plus radicalement pour le véganisme en stoppant la consommation de tout produit d’origine animale. Les raisons avancées sont environnementales et éthiques. "C’est la première cause du réchauffement climatique, avant même tous les transports réunis", avance Lo, 26 ans. "Je pense que c’est le geste le plus simple et le plus efficace actuellement", corrobore Alexandre (19 ans), tandis qu’Héloïse (19 ans) dénonce le massacre "de 65 milliards d’animaux chaque année par simple plaisir gustatif". Isabelle (17 ans), pour sa part, explore d’autres horizons alimentaires en mangeant des insectes produits à Bruxelles.

2. Opter pour le local

Carnivores ou pas, la plupart des répondants soulignent la nécessité d’opter pour une production alimentaire locale, de saison et bio si possible. "Le véritable bio, insiste Elodie (29 ans). P as le bio d’Argentine." Les magasins de vrac et de proximité sont également plébiscités plutôt que les grandes surfaces. Un engagement qui peut se traduire par l’achat "de parts dans la coopérative de la région", suggère Adeline (32 ans). D’aucuns, comme Nathan (19 ans), ont décidé de boycotter les "produits des grandes multinationales".

3. Réduire sa consommation

Le retour à une certaine sobriété, voire à une forme de minimalisme revient également dans plusieurs témoignages. "Avant d’acheter un objet, il faut se demander si c’est vraiment utile. Et acheter en seconde main", préconise Manon (19 ans). "Il faut se détacher du ‘shopping-thérapie’ et réparer ce qui peut être réparable", surenchérit Elena (20 ans), qui a arrêté d’acheter des produits de basse qualité "conçus pour augmenter la consommation". Dans un autre registre, Michel (60 ans) a choisi d’installer le système d’exploitation Linux (un logiciel libre) sur son vieil ordinateur incapable de supporter la dernière version de Windows.

4. Réduire le gaspillage

Cette préoccupation semble être devenue un leitmotiv pour beaucoup de nos répondants. Qu’il s’agisse du gaspillage alimentaire avec l’aide, par exemple, d’application pour smartphone comme "Too good to go", conseille Gwendoline (24 ans) ou de la consommation d’eau. Opter pour des douches (courtes) plutôt qu’un bain, couper l’eau quand on se savonne ou quand on se brosse les dents, récupérer l’eau froide qui s’écoule en attendant qu’elle chauffe ou encore… faire pipi sous la douche pour économiser une chasse d’eau font ainsi partie des astuces recommandées.

5. Des poubelles allégées

Autre tendance lourde : le "zéro déchet" et la chasse au plastique. La gourde, le thermos et la boîte à tartines ont ainsi la cote auprès de nombreux répondants. L’achat de produits en vrac, d’alternatives sans emballages superflus (shampoing en bloc, "coupe" menstruelle plutôt que tampons hygiéniques, langes lavables, brosse à dents en bois…) ou encore le "fait maison" pour les produits ménagers sont souvent mis en avant. Avec un message transversal : des solutions existent. François (27 ans), pour sa part, joint l’utile à l’agréable en pratiquant le "clean walking" : il marche en collectant les déchets.

6. Maîtriser sa consommation d’énergie

Sans surprise, les "petits gestes" les plus souvent évoqués consistent à éteindre la lumière quand on quitte une pièce, débrancher les appareils électriques en fin d’usage ou encore baisser la température d’un degré et enfiler un pull. John (22 ans) va jusqu’à "désactiver les fonctions de son smartphone" quand il ne l’utilise pas. Magnus (29 ans) conseille de désactiver JavaScript sur son ordinateur : "Imaginez, la homepage de lalibre.be pèse 19 MB pour 8,5 Kb de texte utile !" Eva (32 ans) a quant à elle "changé trois fois de fournisseur d’électricité pour en trouver un plus écologique". Plusieurs répondants mettent également en avant les efforts d’isolation dans leur habitation.

7. Repenser sa mobilité

La voiture ne semble plus être incontournable si l’on se base sur les témoignages reçus. Sarah (26 ans) favorise ainsi autant que possible la marche pour les petites distances, le vélo ou les transports en commun pour les déplacements de plus de 3 km. D’autres ont fait le choix de déménager pour s’installer en ville et pouvoir se passer de voitures. Quand ce n’est pas le cas, les techniques d’éco-conduite, le choix du covoiturage ou d’un véhicule "à faible consommation et bien entretenu" sont mis en avant. "Pas besoin d’un gros 4X4." Le vélo électrique constitue également une possibilité. D’aucuns ont fait le choix de prendre moins souvent l’avion, voire plus du tout. "Des vacances pas plus loin que les pays limitrophes", avance Adeline. "Des vacances en Europe, en voiture ou en train. Stop à l’avion !", appelle Myriam (17 ans).

8. Penser collectif

Tout cela est bien joli et sans doute pas inutile, mais certainement pas suffisant, affirme Marie (20 ans), qui appelle à sortir du mythe de la croissance infinie et de l’idée "que la solution et la cause viennent des particuliers". D’autres soulignent la nécessité d’un engagement politique ou citoyen, ou de la mobilisation des proches. D’autres encore, pointent du doigt les conséquences d’une démographie galopante et ont renoncé à avoir des enfants.