Planète

Les plantes sont parfaitement capables de communiquer. La plupart du temps, il s'agit d'une réaction à une situation de "stress". Depuis quelques dizaines d'années, cette thématique déchaîne les chercheurs. Explications.

Ne sortez pas, il y a quelque chose dans l’air" s’écriait un personnage du film "Phénomène" sorti sur les écrans en 2008. D’un niveau cinématographique très moyen, ce thriller américain partait d’une idée originale : l’émergence soudaine et invisible d’une mystérieuse substance dont les composants poussent les êtres humains à se suicider. Totalement impuissants face à ce supposé virus, les protagonistes du film pensent d’abord à une attaque terroriste ou une expérience scientifique, avant de réaliser que ce gaz mortel massivement répandu dans l’atmosphère provient en réalité… des végétaux. Les plantes, arbres et herbes, qui émettent un composé chimique létal pour se débarrasser des êtres humains et mettre fin aux nuisances de ce prédateur menaçant de plus en plus sérieusement leur existence.

Mort aux koudous

Ce scénario relève bien entendu de la fiction pure et dure - si les végétaux pouvaient se défendre aussi efficacement face à l’homme, nous aurions été éradiqués depuis longtemps - mais il se base sur un phénomène scientifique avéré : la capacité des plantes à interagir avec leur environnement, à répondre aux menaces, et surtout à communiquer entre elles.

L’illustration la plus connue de cette capacité vient d’Afrique du sud, où un biologiste a pu démontrer dans les années 90 qu’une plantation d’acacias avait "volontairement" provoqué la mort de plusieurs milliers de Koudous (grandes antilopes africaines) dans un même enclos. Menacés de disparition par ces Koudous présents en surnombre, les acacias "attaqués" ont réagi en secrétant plus de tanins, ce qui a eu pour effet d’augmenter la toxicité de leurs feuilles et de rendre leur digestion mortelle pour les malheureux animaux. Ces acacias ont ensuite diffusé dans l’air un signal chimique sous forme gazeuse pour prévenir les autres acacias du danger et les inviter à mettre en place un mécanisme de défense similaire.