Ainsi donc, demain, ce sera la fin des 5 125 années du cycle du calendrier maya et, pire encore, celle du monde ! Les catholiques ne s’en font pas trop car voici un mois, leur grand patron en personne, Benoît XVI, les a invités à ne pas s’arrêter à "la curiosité pour les dates, les prévisions". L’occasion faisant le (bon) larron, le Pape avait en fait profité de l’Evangile du jour, dans lequel Jésus parlait à ses disciples de son retour sur la terre, à la fin des temps, lorsque "le ciel s’obscurcira" et que "les étoiles tomberont du ciel" pour rassurer ses ouailles. Benoît XVI fut presque péremptoire en précisant que le Christ ne se comporte pas comme un "voyant" qui décrit "la fin du monde", mais veut "au contraire soustraire ses disciples de tous les temps à la curiosité pour les dates, les prévisions".

La messe était donc dite ? Non, car il se trouve toujours des "non-croyants" (si on ose dire) qui voient dans la crise financière mondiale mais aussi dans les conflits du moment et davantage encore dans les catastrophes naturelles fort nombreuses, des signes annonciateurs de la fin des temps !

Ce furent les mêmes "prophètes" qui peu avant l’an 2000 mais aussi déjà vers l’an 1000 n’eurent de cesse de nous avertir que tout était fichu à grand renforts de textes apocalyptiques de la Bible, tirées de l’Apocalypse ou du Livre de Daniel mais aussi de soi-disant révélations divines demeurées secrètes sauf pour quelques "élus". Faut-il le préciser ? Les sectes sont expertes en la matière. Après avoir annoncé que le cataclysme se produirait en 1914 (soit 2520 ans après la fin de la déportation à Babylone en 607 av. J.-C.), les Témoins de Jéhovah l’ont située ensuite en 1925 puis en 1975. Et si la Terre ne disparait pas demain, ce sera en 2034 !

Tout cela en rappelant bien évidemment que seuls leurs zélateurs pourraient se sauver... N’en déplaise à ces sectateurs et autres oiseaux de mauvais augure, l’Apocalypse de saint Jean n’est nullement un livre d’horreur destiné à faire peur mais un message d’espoir. Selon un de ses exégètes, le P. Yves Simoëns, sj, "les images terrifiantes utilisées par l’auteur de l’Apocalypse n’étaient pas destinées à faire peur, mais plutôt à aider des gens en difficulté et à les avertir que la fin de leurs malheurs est proche avec le retour du Christ". Dont acte... mais le millénarisme est loin d’être uniquement chrétien : on le retrouve aussi dans l’islam et même dans le bouddhisme. Ce qui ne signifie évidemment pas encore que la chute finale est pour demain...